Hommage à Tomkiewicz

 

«Si quelqu’un avait eu l’idée de me demander pourquoi je travaille avec des adolescents, j’aurais pu répondre:”c’est parce que je les aime”»

 

 

Né en Pologne, formé à la médecine en plein ghetto de Varsovie, déporté à Bergen-Belsen, Stanislas Tomkiewicz (1925-2003) retire de son parcours personnel un regard critique sur les institutions et une conscience aiguë de la responsabilité des adultes en général auprès de tous les enfants, qui marqueront tout son parcours de professionnel et militant.

Témoin à Paris des premiers pas de la psychiatrie infantile, il s’alarme, avant la prise de conscience de mai 1968, du sort réservé dans la France d’après-guerre aux « déviants », « hystériques », « schizophrènes », ou du moins à tous les individus étiquetés comme avoir énoncé « les vérités qui ne sont pas bonnes à dire ».

Héritier de Janusz Korczak, il partage avec lui une profession de soi humaniste, un ton libre et plein d’humour. Tout comme Korczak, qui préférait le terme d’ « éducateur » à celui de « pédagogue », il marque tout au long de sa vie un profond souci de ne pas dissocier théorie et pratique, et de ne considérer que des enfants bien concrets, dans toute leur complexité et toute leur irréductibilité à un « diagnostic », à l’époque même où fleurit une armée de « spécialistes » de l’enfance aux discours aussi sentencieux qu’arbitraires.

Quiconque n’a pas rencontré Stanislas Tomkiewicz ne peut garder dans ses yeux son visage empreint de bonté, ni son regard de tendresse. Est-ce son adolescence tourmentée qui lui avait donné cette façon de regarder les adolescents et les enfants que la vie avait éprouvés, avec cette espérance qui les galvanisait et leur faisait reprendre pied ? Peut-être !

“Pour terminer, je voudrais juste dire quelques mots sur quatre vertus cardinales, dont la présence me semble nécessaire dans tout discours adressé à l’enfant:
HUMOUR – DEDRAMATISATION – DECULPABILISATION – AUTONOMISATION
TOMKIEWICZ_Entretien

Stanislas Tomkiewicz
Entretien, Montrouge, le 6 mars 2001
Suzy Mouchet, Jean-François Picard

Télécharger le fichier

Avec Tom: « Eduquer au Soin ET à l’Emancipation »

Le coeur de l’Education est soin.

Ceux qui ont travaillé auprès de polyhandicapés, de personnes dépendantes, de corps cassés ou souffrants ou de très jeune enfants , le savent. Il n’est pas d’éducation qui ne passe par le corps; il n’est pas de soin qui ne passe par la main. L’éducation c’est avant tout cela: une main qui panse, une voix qui enveloppe, un regard qui soutient.

Le coeur de l’éducation est soin. De ce soin, découle toute autorité, tout cadre, et tout contenu. Et c’est un grand malheur qu’on puisse devenir éducateur, travailleur social, psychologue, ou enseignant sans avoir construit un tel savoir professionnel.
C’est une illusion de croire que l’on pourrait accéder à une dimension symbolique, culturelle ou sociale du soin, qui ne passerait pas auparavant par l’expérience réelle , concrète et sans concession du soin des corps. (….)

Télécharger la suite

A Stanislas Tomkiewicz
Extrait du Site officiel des Ceméa – Mouvement national d’éducation nouvelle http://www.cemea.asso.fr
De la part de Jacques Ladsous

Télécharger le fichier