l’Aplatissement de la perception sociale

C’est une scène comme il y en a tant eu durant le confinement; c’est un cours de collège, … à distance, via internet.

Quelques enfants semblent réunis par une application, contrôlée par une enseignante, en “visio” (mais qu’on ne voit pas).

La plupart des quelques enfants “présents”, ont choisi de ne même pas se montrer, non plus.

L’enseignante ne semble pas gênée par autant de distanciation. Bien au contraire, est volubile; elle parle, elle parle; elle parle…

Plus rien ne va l’interrompre, et surtout plus rien ne PEUT l’interrompre, car aucun enfant ne peut prendre la parole , sans qu’elle l’autorise (ou le sollicite) , à travers le logiciel.

Il n’y a plus de bruit , plus de parasite, plus de contestation, plus de récrimination. Il n’y a même plus de silence , … même plus d’absents.

Car quand on ne s’adresse qu’aux présents, on ne remarque même plus ceux qui ne sont pas là.

Le vide, l’incomplétude, le manque, qui s’imposent dans l’espace de la réalité, ne se remarquent même plus dans un monde virtuel.

Et il ressort de cette situation, … comme une sorte d’euphorie, une grande harmonie; un pur sentiment de tranquillité .

Le cours poursuit son fil, paisiblement, puisque plus rien ne peut venir l’interrompre. L’enseignant peut enfin s’écouter lui-même , autant qu’il le souhaite. Plus rien ne peut désormais le limiter.

C’est cela qui pousse tellement l’opinion générale (que ce soit celle des médias, de l’administration ou des enseignants eux mêmes) à tirer un bilan curieusement enchanté de cette période d’enseignement à distance.

Cela contribue aussi au peu d’entrain qu’il y a de rouvrir les classes et les écoles.

C’est une des leçons principales que nous retiendrons de la période de confinement et qui restera sans doute valable, “pour l’après”: les effets de l’aplatissement.

L’enfermement, la distanciation sociale, la fermeture des administrations et des collectivités; le renforcement des “barrières” en tout genre, des limitations d’accueil ou de circulation; tout cela a un effet bien caractéristique.

Quand on voit les choses ou les gens de plus loin (ou de loin en loin), il s’opère comme une forme d’aplatissement du champ de vision.

On ne voit plus les trous, les craquelures; on ne voit plus les aspérités; on ne voit plus les irrégularités , les problèmes

Tout devient lisse, cohérent , quand on s’éloigne des choses et des gens.

L’idéal sanitaire, d’une société de la distance, de l’obéissance et de la séparation, de chacun avec ceux qui lui sont le plus proches, (à savoir son environnement et son milieu) a ainsi deux effets caractéristiques, d’effacement:

1- Effacement de la conflictualité

La distanciation des relations sanitaires, sociales, éducatives, a pour premier effet, comme nous l’avons évoqué , de simplifier et d’uniformiser ce qui est perçu.

Exit le paradoxe , la complexité, la conflictualité.

Il n’y a plus que des demandes simples, des problèmes simples, … et des réponses forcément simples aussi.

2- Effacement des absents

Et surtout on ne voit plus que ceux qui sont éclairés; on n’entend plus que ceux qu’on écoute; on n’accueille plus que ceux qu’on invite ; on ne vit plus qu’avec ceux qu’on a choisis.

On plonge dans l’obscurité et l’inexistence ce (et ceux) qu’on n’est pas préparé à voir; ce que l’on n’est pas disposé à comprendre.

Homéomérie

Ce qui est caractéristique de la période que nous vivons, c’est l’Homéomérie des traitements sociaux, que ceux-ci soient l’œuvre des acteurs locaux, des structures et institutions de territoire, …ou des politiques plus lointaines, menées par les Directions des institutions ou collectivités.

La même entreprise de simplification de la vision de la réalité est également à l’œuvre dans le pilotage des politiques sociales.

La tentation est grande, la pratique s’installe, de ne plus vouloir voir dans la diversité et la multiplicité des acteurs sociaux et de terrain , éducatifs et culturels, que les quelques grosses structures qu’on a choisies et sélectionnées.

Le principe est simple; on délègue un prestataire ; celui-ci est unique et il aura dès lors le monopole… de la réalité qu’on délaisse.

On le charge de régler tous les problèmes et on tirera toujours des bilans satisfaits puisqu’on les demandera à ceux à qui on a déjà tout donné et abandonné.

Dans l’Éducation populaire, dans le secteur social, on va désherber . Là où il y avait 100 structures et 100 acteurs. Combien émergeront de la situation que nous sommes en train de vivre?

Combien survivront économiquement ? Combien resteront visibles au milieu du brouillard? Sinon ceux qui sont déjà assez gros pour cela. Sinon ceux qui étaient déjà en position d’absorber tous les autres.

Et c’est ainsi qu’on va à l’envers et à l’inverse , des objectifs énoncés , des beaux discours prononcés.

Il n’y aura pas d’intelligence sociale; pas de créativité éducative. On ne pense plus en termes de missions ou d’innovations, … mais en termes d’outils, de gestion et de contrôle.

On ne risque pas de changer quoi que ce soit quand on se borne à la réduction de ce qui était déjà là.

Continuer dans cette voie, accentuer cette tendance, en invoquant des valeurs généreuses et contraires , revient à soigner l’alcoolisme au Whisky.

Il est vrai que quand on est face au précipice, on peut toujours accélérer !

REPRISE DES ATELIERS SOCIO-EDUCATIFS

Pas véritablement en situation de confinement depuis le 16 mars, les Robinsons ne se sentent pas beaucoup plus “dé-confinés” que d’ordinaire cette semaine ! Malgré tout, il est important de reprendre progressivement, nos activités habituelles. C’est donc un réel bonheur et une bouffée d’air frais, de retrouver, du mercredi au samedi, en équipe toujours réduite, nos ateliers quotidiens.

Retour au jardin de Bel-Air

Un petit sentiment de liberté nous anime donc cette semaine, mais les besoins sont cependant toujours là, et il n’est pas question d’oublier les collectes et distributions que nous continuons au local les mardi et jeudi.

Les deux jours sont consacrés à la distribution de paniers alimentaires et produits de première nécessité ainsi qu’à l’aide administrative à l’intérieur du local. Les équipes sont maintenant bien rodées pour gérer la file à l’extérieur du local et l’organisation à l’intérieur.

Nous constatons que l’aide administrative auprès des familles suit de près l’actualité du moment : après les tirages des devoirs scolaires et le suivi pôle emploi, vient le temps des déclarations d’impôts et les arrivées en masse des contraventions !!

Mercredi, nous nous retrouvons donc pour la première fois depuis 8 semaines dans le quartier sud de Longjumeau. Enfin, pas tout à fait la première fois car durant toute cette période, Joran et Kevin ont travaillé d’arrache-pieds dans le jardin pour le préparer pour les beaux jours : construction de bancs, de nouveaux bacs, et d’une magnifique pergola ! nouvelles plantations de saison. Tout est prêt. Ça tombe bien, le beau temps est au rendez-vous !

Atelier de Bel-Air de mercredi 13 mai

Cet après-midi, nous avons repris nos ateliers éducatifs à Bel Air. C’était la première fois que nous y retournions depuis le confinement.

Nous sommes arrivés aux alentours de 14H30, quelques enfants étaient déjà là, à l’intérieur du jardin partagé.

Nous avons fait le tour des bâtiments pour voir si certains enfants voulaient venir participer aux ateliers mis en place.

Malgré, l’inquiétude des habitants avec cette période de VOVID-19, quelques enfants sont quand même venus nous rejoindre avec leurs parents. Nous avons donc commencé par faire de la peinture avec tous les enfants.

Ensuite, nous avons joué au ballon et avec les cerceaux.

Nous avons fini en prenant un goûter tous ensemble. Les enfants étaient contents du retour des Robinsons et de leur atelier. Celui-ci a duré environ 45min. Nous sommes partis en leur rappelant que nous reviendrons vendredi.

Mercredi également, première répétition de la troupe Aven Savoré, en petit groupe bien sûr, au local.

Mercredi toujours, Riadh continue de rassembler quelques bénévoles en renforts pour deux nouvelles collectes au magasin Carrefour Market de Chilly

Jeudi 14 mai, nous nous retrouvons dans le quartier de Massy…

Arrivés là-bas, nous avons mis en place un parcours relais auquel les enfants ont bien adhéré.

Il y avait trop de vent pour le badminton, alors nous avons disposé un tir à l’arc enfant et un adulte. Un grand atelier a également réuni une dizaine d’enfant autour de la pratique de la peinture. Les enfants arrivaient au fur et à mesure, tandis que nous adaptions nos pratiques à leurs attentes. L’activité s’est terminée autour d’une belle histoire de Dragon (surnommé Dusko pour l’occasion) et d’une fillette (que l’on a appelée “Nicolae”). Les enfants très attentifs à l’histoire ont pu se rassembler autour d’un succulent goûter.

Chacun n’a pas manqué d’emporter ses dessins qui avaient séchés durant l’après-midi

Vendredi 15 mai après-midi, tout le monde se retrouve dans le premier bidonville d’Antony Pôle…

Au début de l’atelier, nous avons mis en place l’activité peinture. Le billard lui, a rencontré beaucoup d’adeptes, tant cette mise en compétition demandant de l’adresse, de la rapidité et de la dextérité a été appréciée – idem pour les autres jouets en bois.

Les enfants euphoriques se sont essayés à plusieurs activités, tout en restant solidaires. L’activité « Relais » plaît dans le sens où elle contribue à faire avec d’autres. Cela permet de ne pas se prendre au sérieux, surtout lorsque l’on perd. Certains enfants savent jouer au badminton tandis que de nombreux échanges avec les référents leur ont donné de grandes satisfactions à échanger, à rire, à jouer. Tour à tour les enfants, les mères, les petits ont pratiqué la patinette. L’atelier peinture a eu un gros succès.

Toute la troupe a pu se retrouver, en fin d’après-midi, rassemblée autour d’un grand goûter.

Et samedi 16 mai, retour au Welcomotel/Balladins de Chilly-Mazarin…

Nous retrouvons les familles que nous avions quittées la semaine dernière sur nos distributions. Aujourd’hui, nous avons la joie surtout de pouvoir croiser les enfants avec qui nous organisons un coin peinture ainsi qu’un atelier Foot.

Les sourires sont là. Tout le monde est heureux de se voir. Dusko va chercher le Kamishibaï pour commencer à raconter et à mettre en scène, une histoire pour les plus petits.

En fin d’après-midi, tout le monde s’assoit pour partager un traditionnel goûter… moment habituel qui clôt depuis toujours, l’ensemble de nos ateliers.

ET PENDANT CE TEMPS, AU JARDIN…

Le jardin continue sa préparation pour l’été.

Les enfants apprécient énormément les premières fraises et groseilles de l’année.

A chaque ouverture du jardin débute leur chasse aux trésors.

Du côté des adultes, ils sont de plus en plus nombreux à venir demander si ils peuvent venir planter. De tous âges et tous sexes, ce qui fait très plaisir. Je leur ai dit que je partais fin mai et qu’une autre personne aller pouvoir les aiguiller sur comment travailler avec l’association à l’enrichissement de se jardin.


Aujourd’hui les enfants étaient très fières de ramener des salades à leurs parents.

Il a fallu même raisonner Ayoub qui en voulait deux parce que je cite “elle sont trop bonne les salades !”