Il n’est de liberté que libération

Il n’est de liberté que libération

Une habitude de penser hante les institutions en général; c’est l’idée que les conditions doivent être réalisées avant de tenter et de mettre en place la moindre action.

Il faut des conditions, il faut des moyens, et des validations infinies avant de mettre en œuvre quoi que ce soit. C’est un peu comme au jeu des “1000 bornes”, quand on attend un feu vert!

De là, l’importance exorbitante de la notion de projet; il ne saurait justement y avoir la moindre action, sans projet préalable; le projet s’impose justement car il permet de vérifier que toutes les conditions sont réunies.

Le possible doit ainsi prévaloir sur l’acte; il est sa condition, sa limitation, son tombeau.

La revendication pour plus de libertés exprime ainsi un double discours, un discours trouble. Elle sert à attester de ses bonnes intentions, à affirmer un pouvoir créatif; mais c’est pour le limiter et le frustrer immédiatement, en invoquant complaisamment la moindre règle, le moindre obstacle pour s’excuser de ne rien faire.

Or, dans aucune situation sociale, économique, politique, il n’existe de liberté, si on entend ce mot comme une marge commode qu’il suffirait d’investir. Il n’existe par définition que ce qui a pu exister, que ce qu’on a fait exister. Il n’y a pas plus de marges que de réalités alternatives.

La croyance en la liberté, l’attachement théorique, platonique à ce concept constituent souvent des consolations ou des renoncements.

Il n’y a que la Matière et pour le Travailleur social, le Social est matière, c’est à dire par définition, quelque chose qui résiste, un obstacle, jamais un possible.

Il n’y a pour lui, comme pour chacun d’entre nous, aucune liberté; les contraintes sont énormes, notre condition est un obstacle. Il n’y a que de la libération, c’est à dire cette capacité humaine à faire violence à la matière, à la faire bouger, à la façonner, à la transformer.

Toute création est violence contre l’ordre des choses; il s’agit de faire naître une action, une situation qui n’existaient et que rien, dans le cours naturel des événements, n’allait produire.

Telle est la puissance, mais aussi la tragédie de l’humain. Sur lui repose la responsabilité de produire la forme dont le Chaos est incapable.

Kant relevait que le vent, sur le sable du désert, pouvait effacer ce triangle tracé par un homme ; mais que ce même vent serait incapable de produire ou de dessiner un triangle à son tour.

L’ordre institutionnel est semblable au vent ou à l’ordre des choses; nous pouvons attendre toute une vie qu’il nous donne la possibilité de produire les innovations dont notre société a besoin. Nous pouvons attendre qu’il les crée lui-même. Nous pouvons attendre longtemps.

Ou alors nous pouvons nous mêmes, dessiner aujourd’hui la forme qui manque, et commencer dès à présent à rendre possible ce qui ne l’était pas.

MARDI 10 AOUT 2021

Goûter au bidonville “OPEL”

La semaine dernière, nous avons appris que le bidonville Opel, situé à Massy, était menacé d’expulsion. Aux dernières nouvelles, celle-ci devait avoir lieu après-demain, et les habitant-es étaient occupé-es à organiser leur déplacement, à chercher un nouveau lieu de vie. Nous avons quand même décidé de leur rendre visite, pour discuter et comprendre la situation, et d’emporter avec nous un goûter pour partager un moment spécial avec les enfants. Arrivé-es sur place, nous parlons avec Ileana, une habitante qui confirme ce que nous avions entendu, mais nous dit qu’elle n’a pas reçu d’avis d’expulsion. Autour de nous, tout le monde démonte sa cabane et fait ses valises ; les enfants sont là aussi. C’est alors qu’arrive la police nationale, qui présente des documents relatifs au jugement et enjoint les habitant-es à partir par elles et eux-mêmes avant la destruction de leur cabane. Une habitante leur rappelle que le camp est composé de personnes âgées, de malades, d’enfants et nourrissons. Nous ajoutons qu’aucune solution d’hébergement d’urgence n’a été proposée aux habitant-es.

Quand la police part, nous proposons aux enfants de se changer les idées en prenant un goûter. Nous mangeons des m&ms, des pains au chocolat et de la compote de pommes. Nous mangeons, blaguons et discutons, puis Laris propose une partie de cache-cache. Nous jouons à nous cacher entre les cabanes et les planches que les habitant-es rassemblent pour leur déménagement. Puis, à la demande de Lupka, nous jouons à chat glacé. En partant, nous promettons de nous revoir en septembre, mais nous quittons les familles avec le cœur lourd. Cette expulsion n’est pas un cas isolé, les expulsions se sont multipliées tout au long de l’été et sont particulièrement nombreuses en cette période de vacances, alors que beaucoup d’associations, d’institutions, de médias sont en vacances.

 

MERCREDI 11 AOÛT

Atelier de St. Eloi

Cet après-midi ensoleillé nous avons rejoint les habitant.es de Saint Eloi pour partager un dernier moment ensambe avant que nous partons en vacances. Alex a mis en place un badminton autour duquel nombreux enfants – dont Giugurta, Massi et Wayatt sont restés tout au long de l’atelier en perfectionnant leurs techniques. Hassan a formé deux équipes qui se sont disputés dans un match de foot très dynamique, alors que loi et Fatoumata étions sur l’atelier dessin. Plusieurs d’entre elles et eux ont essayé des nouvelles techniques avec les aquarelles. Fatoumata a dérooulé les tapis pour y faire une petite enfance autour de laquelle nous avons pû accueillir le petit Adam, qui a à peine un an

Nous avons clôturé notre après midi ensamble avec un délicieux goûter distribué par Christmael, Amna, Panati et Malek. A la prochaine fois !

Chiara

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JEUDI 12 AOÛT

Atelier Skate-Park, Longjumeau

Un magnifique atelier cuisine sous l’égide de Fatoumata et Marie, les enfants sont nombreux aujourd’hui à confectionner des beignets avec nous. D’autres préfèrent jouer au UNO avec Miruna, ou se désaltérer sur les tapis avec Alex à la petite enfance. Aïcha par exemple, se fait des amis, surveillée par sa mère Fatoumata Bimbou (rencontrée à l’hôtel Parthénon), qui vient bénévolement nous aider tous les jours pendant le mois d’août. Bonne vacances les enfants, nous nous retrouvons à la rentrée de septembre pour de nouvelles activités.

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