l’Impossible transformation du Social

« On ne peut pas réformer ce dont on vit ».

Depuis les années 80, il n’y a plus de progrès, plus de transformations sociale. La société est devenue stérile pour inventer de nouvelles manières de vivre ensemble.

La transformation sociale a laissé la place a un tourbillon perpétuel de changements, de restructurations, et d’applications de programmes .

Ces changements ne créent jamais rien; ils ne peuvent aller que dans une seule direction; et celle ci immuablement est marquée par le signe du « Toujours moins ».

Toujours moins de relations éducatives; toujours moins de pouvoir d’initiatives, des acteurs sociaux; moins de libertés publiques et sociales; toujours moins de pouvoir d’inventer de nouvelles actions ou des aventures sociales.

« Toujours moins » de sécurité affective, matérielle et sociale…

Pour autant, les institutions sociales, les acteurs sociaux rêvent de plus en plus, de ruptures, de transformations. Ils adoptent , presque par compensation, un discours « gauchisant » qui vient parfois même souvent de leurs cadres et de leur direction.

On se plait à parler « d’Empowerment » , de « Pouvoir d’agir », et même de « Transformations » et changements sociaux.

La plupart du temps, ces belles intentions ne débouchent sur rien. Le dire c’est paraître pessimiste, voire désabusé.

Ce n’est pas le cas car cette l’impossibilité de réelles transformations ne relève pas d’un accident, d’une circonstance malheureuse, ou ponctuelle qui pourrait disparaître un beau matin…

l’Impuissance à la transformation vient au contraire de la nature même des structures et institutions du Social; elle provient de la manière même dont celles-ci conçoivent leur travail social et éducatif. Elle provient de ce qu’elles considèrent comme « professionnel ».

L’effort pour mettre l’autre à l’écart; cet « usager » , ce « bénéficiaire » ; l’effort pour ne pas s’attacher, à celui que nous rencontrons encore par hasard; l’effort pour ne voir chez l’autre que ce que l’on a retenu de lui; cet effort permanent à se contenter d’agir sur les marges, les circonstances sans jamais s’attaquer au cœur des problèmes.

Tout cela ne peut pas changer…

C’est l’ADN même des institutions, des structures , des pratiques sociales et éducatives. Ce sont des évidences que l’on ne questionnera plus comme les murs, les règlements et toutes les polices qu’on renforce constamment pour contenir une réalité qui craque.

Il n’y a jamais d’autre changement que ce que l’on a sous les yeux

La période de confinement dans laquelle nous vivons, semble pleine d’espoirs et de promesses de changements radicaux et de transformations sociales. On se plait à croire que plus rien ne sera comme avant .

Nous lisons, ici ou là, des analyses qui estiment que le système économique, social et politique… va s’écrouler ou s’arrêter et laisser place à de la nouveauté.

Nous attendons une rupture à venir et nous l’espérons débouchant sur un monde différent.

Nous oublions juste que le changement a déjà eu lieu et qu’il est déjà là.

Le confinement ne va pas laisser place à du changement; le confinement EST le changement. Il n’y en aura pas d’autre.

Le confinement EST en effet l’aboutissement simple, naturel des tendances qui étaient en cours dans le secteur social, culturel et éducatif, depuis des décennies. Il en est la conclusion la plus simple, la plus logique, … la plus radicale.

Le confinement EST le changement promis

Le confinement est en effet le rêve définitif d’une société sans projet. Chacun se réduit dorénavant la place qu’il occupe, là où il est, rien de plus; et il ne faut pas en sortir.

Le confinement renvoie en effet chacun à sa condition de classe; il renvoie chacun à sa place, fût-ce le bidonville ou la chambre d’hôtel ; il renvoie chacun à sa caste , et surtout celle des « intouchables » , fût-ce celle des Roms, ces « intouchables de la République ».

Bien entendu il y aura une fin de confinement; et bien entendu pour certains, comme ils peuvent il y aura un retour au travail. Mais celui ci sera encore plus fragile, plus précaire et plus insecure.

Bien entendu il y aura un retour des enfants des écoles; mais il y aura de plus en plus de leçons et de contrôles et de moins en moins d’apprentissages. Et les relations enfants / enseignants vont devenir de plus en plus virtuelles.

A quoi bon en effet encore être présent et impliqué, quand tout est déjà joué, programmé, ou disponible dans un Cloud?

Il y aura donc un retour, mais il n’y aura pas de trajet, pas de mouvement, pas d’évolution… autrement que dans l’accident.

Il y aura toujours « plus de moins »

Au delà de la Déliaison , il y a pourtant une autre manière de faire société qui s’invente chaque jour. Celle ci est chaleureuse. Celle ci est visible pour tous ceux qui veulent venir la voir… dans nos espaces d’intervention.

Celle ci est commune, communautaire; celle ci est brouillonne. Car elle bouillonne de vie ! Celle ci dérange, mais on ne peut pas la faire taire.

Celle ci laisse des traces, bouleverse les destins; marque ceux qui s’y risquent .

Dans les friches sociales, dans les friches éducatives, on expérimente le seul espace ou le « plus » peut naître du moins; ou le mot changement peut encore aller avec du neuf ou du nouveau.

Dans les friches sociales, il y a les seuls espaces de progrès et de démultiplication ; on peut toujours le cacher , on peut toujours l’enfermer.

Mais c’est ainsi, c’est irréversible. On ne pourra pas toujours empêcher le futur d’advenir.

Et il viendra de l’extérieur!

Semaine du 20 au 24 avril :

La semaine démarre sur les chapeaux de roue. Dès lundi, Sébastien du collectif « COVID-19 Ensemble » vient nous apporter un camion 22m3 entier de brioches, pains au chocolat et pancakes.

Ce collectif créé sur Facebook (https://www.facebook.com/groups/COVID19.ENSEMBLE/) rassemble des initiatives individuelles de solidarité. Sébastien et sa bande sont sur le pont depuis le début du confinement pour aller démarcher de gros fournisseurs en alimentation. Un grand merci à eux !! A peine les palettes de brioches déchargées, nous discutons des perspectives pour la semaine prochaine.

Dès mardi, nous recevons à nouveau deux commandes de produits d’hygiène et de produits pour bébé : presque 4000 € d’achats effectués chez Carrefour et auprès de notre partenaire Revivre que nous stockons dans notre salle médecin.

Nous continuons nos rendez-vous hebdomadaires à la Banque Alimentaire avec cette semaine, 1,5 Tonnes de produits alimentaires ramenés.

Mercredi, Didier et Pat de l’IMPRO de Palaiseau, viennent en renfort pour collecter chez un gros fournisseur de produits frais, des lots d’invendus de mozzarella et de yaourts. Ces produits seront distribués dans la journée.

2 nouvelles collectes sont également prévues mercredi et vendredi auprès du magasin Carrefour de Chilly-Mazarin.

L’un des chargements provenant des nombreux dons des collectes Carrefour de Chilly

Nous continuons également notre partenariat avec la croix rouge et l’association animakt qui nous livre cette semaine des cagettes de fruits et légumes bio.

Côté distribution, nous sommes de nouveau submergés. Au local, la file d’attente, avec le mètre réglementaire, s’allonge maintenant jusqu’à la poste située tout au bout du bâtiment. Nous n’avions jamais vu cela !!

L’organisation se complique d’autant puisque nous avons également une permanence au sein du local pour toutes les aides administratives (demandes en ligne, attestations, courriers, impressions de devoirs scolaires etc.)

Sur les lieux de distribution, les besoins grandissant se font ressentir. Sur les bidonvilles d’Antony, de Champlan, et aux abords des Hôtels de Chilly, Savigny, Massy et Morangis, les files d’attente s’allongent. Permanents et bénévoles sont là pour assurer l’organisation. Sur les bidonvilles, nous continuons notre partenariat avec RomEurope.

Les Robinsons sur le bidonville d’Antony Pôle

Les distributions à l’Hôtel Welcomotel « Balladins » de Chilly

à l’Hôtel du Lac…

Fort heureusement les renforts sont nombreux ! et le soleil est là pour assurer les sourires sur les visages.

Les distributions au bidonville de Champlan…

à l’Hôtel Astoria de Massy…

Les contacts se multiplient avec d’autres associations qui font également de la distribution : l’association des musulmans de Chilly-Mazarin, le collectif de biffins de Montreuil Amelior ainsi que des associations de Corbeil-Essonne : On échange de denrées selon les besoins, on se donne des coups de mains mutuels…

Cette semaine, c’est encore plus de 4,6 Tonnes de denrées de première nécessité que nous avons distribuées à plus de 520 familles !!

Nos briefings quotidiens restent des moments essentiels de coordination…

Et pendant ce temps là , au jardin de BEL-AIR ! …

Nous avons ajouté un banc au jardin de Longjumeau; paillé les pommes de terres et désherbé un peu les chemins.

Les salades, fenouils, courges, pommes de terre, tomates, courges et courgette continuent de pousser…


Avec Kévin nous pensions que vue que le gouvernement nous maintient dans la région jusqu’en juin, nous pourrions en profiter pour faire une Pergolas?

Avec son CAP de menuiserie, il pourra en faire une sur mesure.