Intermèdes Robinson et son action pendant la période liée au C19

08 Avril 2020

I Le contexte

La crise du COVID a entraîné une fermeture ou un confinement des institutions sociales ; les populations qui s’en retrouvent le plus isolées sont les familles qui vivent dans les hôtels sociaux et les bidonvilles, et au premier titre les enfants et les jeunes enfants.

Intermèdes Robinson travaille déjà auprès de ces publics et réalise des ateliers socioéducatifs directement dans leurs lieux de vie , tout au long de l’année. Durant cette période de crise , nous avons suspendu nos ateliers socioéducatifs mais nous souhaitons assurer une présence sanitaire, une intervention alimentaire et sociale auprès de ces mêmes publics.

Nous observons qu’en dehors de petites associations bénévoles, nous sommes les seuls et que les institutions sont à ce jour absentes des terrains sur lesquels nous intervenons.

II Notre action

1- Extension du domaine d’intervention

Dans cette situation, nous avons décidé de concentrer nos activités sur les hôtels sociaux et les bidonvilles.

A cette occasion,nous avons décidé d’agrandir notre champ d’intervention.

Alors que nous intervenions auparavant essentiellement sur 3 hôtels sociaux, nous tentons actuellement de nous rendre dans 5 hôtels supplémentaires, situés : à Chilly-Mazarin, à Epinay, à Morangis, à Savigny sur Orge et à Saulx les Chartreux

Nous soutenons donc actuellement les familles de 8 hôtels , soit potentiellement à peu près 250 familles.

De la même manière , nous rejoignons dorénavant les familles d’un troisième bidonville , à Massy/ Champlan

2- Un accueil au local, renforcé

Parallèlement , nous recevons de plus en plus de demandes directement dans notre local de familles mal logées, en confinement problématique, et actuellement privées de tout moyen de subsistance dans la période actuelle, du fait de leur précarité initiale.

C’est de 30 à 40 familles qui nous sollicitent chaque jour et qui trouvent porte close (ou si peu entrouvertes) dans les permanences du secteur social ou les CCAS dont beaucoup sont simplement fermés.

Au travers de ces relations quotidiennes avec les familles, dans un cadre difficile, et en essayant au maximum de mettre en œuvre des mesures de sécurité (alors que nous n’avons reçu aucun masque , par exemple) , c’est aussi la relation directe avec les enfants que nous entretenons.

3- Les enfants , premières victimes

Nos distributions qu’elles soient alimentaires ou de matériel petite enfance , visent à améliorer la situation sanitaire et de confort des enfants .

Les enfants sont en effet particulièrement touchés et impactés par la période actuelle ; ils vivent très difficilement le confinement dans des espaces minuscules et surpeuplés, avec de surcroît des interdictions de bouger ou de faire du bruit.

Par ailleurs , ces enfants, avec lesquels nous travaillons pour beaucoup depuis des années , ont été également laissés pour compte avec la « continuité pédagogique ».

Pour la plupart d’entre eux, faute de connexion Wi-fi, de forfait téléphonique, ou d’un simple écran de téléphone qui ne soit pas fêlé ; mal motivés, non accompagnés et non soutenus ils n’ont pas accédé, pour l’essentiel, aux tentatives de cours et de suivi pédagogique à distance.

Afin de réagir à cette situation, notre stratégie est double :

  • D’une part nous maintenons le lien avec ces enfants, par téléphone, ou de visu (et à distance) ; mais nous leur donnons également des occupations ; nous leur donnons des perspectives , des projets . Par exemple, nous continuons à distance avec les enfants et les jeunes de la troupe de faire du chant à distance et de leur donner des modèles de chorégraphies
  • D’autre part, avec le soutien de la Voix de l’Enfant, nous avons équipé certains de tablettes pré-connectées et déjà configurées à la fois pour maintenir le lien avec leur scolarité et nous mêmes.

III Perspectives à court et moyen termes

Pendant cette période de confinement, dont la durée à cette heure est incertaine, nous nous donnons comme objectif de maintenir notre fonctionnement actuel.

Celui – ci reste tributaire du fait que nous recevions de manière continue de nouveaux moyens pour fonctionner, et acquérir les denrées, comme pour financer les opérations de ramassage ou de distribution.

Il est important en effet de faire observer que notre travail a doublé en cette période actuelle, car nous sommes appelés, autant qu’à faire des distributions, à organiser des opérations de récupération de denrées alimentaires, partout où on nous invite à en recevoir.

Par ailleurs, nous avons conscience de la difficulté qu’il y aura pour toutes ces familles et ces enfants précaires, pour retrouver une vie normale , et des relations sécurisées avec les institutions.

La reprise de la scolarité sera difficile pour tous ces enfants et pour toutes ces familles ; comme le retour au travail pour les adultes.

Quand le confinement sera terminé, il est probable que notre Centre social devienne le centre de gravité et le point d’attraction pour toutes ces familles.

Nous aurons alors besoin d’un soutien accru pour pouvoir accompagner l’ensemble de ces situations et renforcer en particulier notre équipe éducative et sociale.

Laurent OTT, Directeur