L’amour au noir: rencontres normées versus aventure affective

Une des particularités du phénomène de précarisation généralisée que subit notre société est de rendre stérile toute cohabitation et toute coexistence.

Photo de Marie Maudua

En l’absence d’une véritable société qui travaille et vit ensemble, nous vivons une fragmentation généralisée des relations des individus dorénavant juxtaposés entre eux.

Il ne suffit plus, et nous le voyons tous les jours, de mettre ensemble les filles et les garçons pour créer les conditions d’une véritable mixité respectueuse et vivante; il ne sert pas davantage à faire coexister les familles pauvres ou aisées, pour créer une socialité ou une quelconque solidarité.

La juxtaposition des cultures différentes échoue tout autant bâtir une réelle interculturalité. Et il en est de même de la coexistence des âges qui ne met pas fin au cloisonnement et à l’égoïsme des tranches d’âge entre elles.

Les rapports de domination ne sont plus polis, adoucis ou modifiés par la fréquentation des autres, des étrangers, des sans-droits. Un nouveau cynisme social s’est emparé de notre mode de vie et s’impose également comme une nouvelle culture professionnelle des institutions, même sociales.

Une société qui ne se met plus au travail sur elle même, se sclérose et, pour ne pas imploser, s’impose des codes très stricts de coexistence des individus désunis entre eux.

Les rapports sociaux se judiciarisent; les conflits sociaux sont pénalisés, criminalisés.

Des normes de plus en plus envahissantes, de plus en plus contraignantes, tentent de maintenir un ordre fragile en jouant sur l’isolement, la peur et le besoin de sécurité des individus durablement isolés.

C’est dans un tel environnement que les rapports humains se reconfigurent; et c’est dans un tel contexte que les adolescents d’aujourd’hui, en première ligne de toutes les violences éducatives et sociales doivent apprendre pour eux mêmes, l’amour, la sexualité et l’affectivité.

Ceux qui fréquentent les adolescents des milieux populaires, ceux qui font face à des conditions de vie économiques, familiales, sociales, précaires , le découvrent: les rapports sociaux entre eux; les rapports de confiance entre eux; la simple expérience d’une réelle proximité; la seule possibilité de « se lâcher », de « se laisser aller ». Tout cela n’a jamais été aussi difficile qu’aujourd’hui pour ces jeunes-là.

Eux qui ont déjà subi le plus de privations, s’affrontent également à toutes les normes et tous les interdits. Ils s’imposent entre eux une conformité et une intolérance impitoyables. Ils pratiquent entre eux des relations basées sur du jugement, des principes, des oukases et des exclusions qui ne se discutent pas.

Il ne faut pas s’étonner que ces mêmes jeunes, alors qu’ils s’interdisent les relations de confiance et d’affectivité les plus simples, soient capables, mais dans l’obscurité d’une sorte de vie parallèle, via Internet , via des avatars et des identités d’emprunt , …pour pratiquer les passages à l’acte sexuels les plus fulgurants ou violents.

Alors qu’ils sont dans la vie de tous les jours empêtrés par un fatras de préjugés et interdits, les voici prêts, à la faveur d’un coin d’obscurité sociale, de tout tenter sans le moindre doute, ou le moindre esprit critique.

Soyons clairs et précis: je peux me sacrifier moi même dans une rencontre fortuite, à la faveur d’invisibilité sociale . Cela, quelque violent que ce soit, m’est beaucoup plus facile que de m’assumer moi même, dans le cadre d’une relation au grand jour. L’adolescent précaire n’a pas les moyens de sa liberté sentimentale.

Il faut une grille d’analyse pour comprendre de tels écarts et de tels retournements. D’un seul coup, ce qui est vraiment obscène c’est la tendresse, l’aventure, le désir d’aller vers l’autre; la possibilité qu’une rencontre, qu’une relation nous bouleverse. Ce qui est devenu impossible condamnable, c’est le désir de connaître l’autre, celui qui est proche de nous. Ce qui est devenu interdit, c’est de se rapprocher de celui qu’on connait et qui est notre camarade, notre voisin, notre ami.

Je ne peux plus me risquer vers l’autre que s’il est et demeure un parfait inconnu, un avatar, une identité provisoire et d’emprunt. A cette seule condition, il ne me menace pas et ne me fait plus peur.

Il fut un temps où c’était l’Inconnu qui me terrorisait, alors que celui qui était proche de mon coeur était en mesure de me rassurer.

Aujourd’hui c’est le contraire; nul ne peut tant me menacer que celui que j’ai trop laissé approcher de moi même. Il a les moyens et le pouvoir de me détruire plus que tout autre. Mon prochain est ainsi mon pire cauchemar. L’inconnu, à l’inverse, quelque soit sa violence, je m’imagine que je peux »le gérer ».

La véritable relation, affective, sociale , amoureuse est trop forte, trop douloureuse, trop révolutionnaire, en un mot, pour que je puisse m’y risquer.

Aujourd’hui la rencontre, l’attachement, la relation amoureuse , relèvent du domaine de l’insurrection , de la rupture et de l’acceptation de sortir des terrains connus et des chemins balisés.

C’est un peu comme si la Société, sans projet, sans travail, qui est la nôtre, ne pouvait plus supporter les aventures interpersonnelles. Elle ne veut plus gérer que des individus isolés, normés et sériels sans attachement entre eux.

Il faut une communauté pour changer cet état de chose. Il faut une communauté pour sécuriser suffisamment les relations en interne, pour qu’elles puisent s’affectiver. Il faut une communauté pour autoriser l’attachement, oser la dépendance, oser le désir de connaître l’inconnu. Il faut une communauté pour s’accepter, une communauté pour s’autoriser à prendre le risque de l’aventure de l’autre et de l’aventure de soi.

Il faut une communauté pour oser. Or, une telle communauté, pour exister, doit être en mesure d’accomplir ce que la Société ne fait plus: un travail sur elle même; un travail sur ses relations en interne; un travail sur son sens, son utilité,sa pertinence, son sens, sa justice et sa justesse.

Il faut une communauté, un groupe de proches, un groupe de pairs, loin des enjeux sociaux traditionnels, pour se risquer hors de « l’amour au noir » et oser « l’amour au jour ».

Cette communauté , elle est comme une troupe artistique, comme la troupe de nos enfants chanteurs et danseurs, comme le groupe, le collectif important des adhérents, des participants, des bénéficiaires de notre organisation.

Elle a besoin de sécurité affective, de durée, d’inconditionnalité pour se mettre à l’épreuve du temps, à l’épreuve de la vie; à l’épreuve de la société ou plutôt …de « ‘l’insociété » qui nous entoure.

La JOURNEE LA PLUS LONGUE D’INTERMEDES: 21 Aout JOV

JOURNEE A LA MER DES ROBINSONS

Chacun a « sa » journée la plus longue, pour nous, une poignée de bénévoles de la MJC Centre social Intermèdes Robinson, c’est la JOV.
Au scrabble, « journée » ferait « mot compte triple ».


Il y a le « jour J », bien sûr, avec le point de RDV du BUS pour lequel nous partons à l’aube et marchons avec les enfants et d’autres avec lesquels il faut prendre un bus de ville avant 6h…


Mais il y aussi la face cachée de cette magnifique journée..
Il y a la préparation minutieuse en amont et l’organisation que nécessite l’inconditionnalité … et que nous mettons en place la veille pour que tel ou tel de nos petits adhérents puisse avoir « sa » journée de vacances.


Qui récupère qui ? quand ? où ? pour l’héberger et lui permettre d’être au RDV.


Certains de nos appartements se transforment en véritables dortoirs.
Les enfants que nous accompagnons à la JOV, au nombre de 44, le double de l’an passé, grâce à la confiance du Secours Populaire 91, sont les enfants sur lesquels nous veillons, avec lesquels nous travaillons quotidiennement.


Ils sont dispersés sur des territoires de plus en plus étendus du fait de leur éloignement géographique par le SAMU Social et le 115. 
Cette année nous sommes partis avec des enfants vivant à « Chilly haut » et « bas », de tous les quartiers et hôtels sociaux, des enfants de Longjumeau, de Massy, des Ullis, de Savigny sur Orge, de Juvisy, de Savigny sur Orge et de Morsang sur Orge.


Il est à noter que l’organisation d’une pareille journée vécue sous le signe de la fête a aussi pour effet de correspondre pleinement à la prévention des bandes rivales inter-quartiers, fréquentes entre les cités du bas de la ville de Chilly Mazarin et Longjumeau.


Tous ensemble, nous avons jubilé !
Que du bonheur ! On re-signe pour 2020.

Vendredi 16 Août

Une après-midi au bidonville d’Antony-Pôle

Très belle journée estivale pour aller au bidonville d’Antony Pôle !

Les enfants nous attendent en nombre et se pressent contre les tables lorsque nous installons l’atelier de peinture ! Sur les tapis avec Maïté, on joue avec les couleurs et les briques de lego ! Une fois l’atelier peinture à court de papier, on sort une grande corde à sauter et un grand concours est improvisé ! Certains arrivent à faire plus de 70 sauts d’affilés !

On s’assoit ensuite sur les nattes pour prendre le goûter, et se dire à très bientôt !

Mercredi 14 Aout : Notre fête nationale – Anita a ses papiers !

Tito a déclaré que le 14 aout serait « notre fête » nationale car nous avons tous bien travaillé et nous nous somme coordonnés pour vaincre le parcours d’obstacle et du combattant pour permettre à Anita, jeune membre de Aven savore, de 15 ans , limite déscolarisée , de pouvoir faire un apprentissage dans notre association ( et préparer un CAP « petite enfance »)

Mercredi après de nombreuses démarches, c’était la bonne! Anita , Maïté et la maman sont revenues avec le précieux document , qui permet à Anita de savoir quoi faire … le mois prochain et qui donne un avenir à elle (et au delà un peu à toute la famille) . Arnaud, très impliqué pose sur la photo!

Mercredi 14 Août

Atelier au jardin de Bel-Air

Aujourd’hui nous avons retrouvé les enfants à Bel Air. Nous avons testé notre équilibre grâce aux courses de pédalos. Nous avons fait des tournois de corde à sauter et beaucoup d’enfants se sont fait maquiller par Claire. Nous avons également fait des parties de jungle speed. En parallèle, Mariama, Alex et Seb se sont occupés de desherber, d’arroser et de récolter des pommes de terre du jardin.

Tout le monde s’est ensuite réunit pour le goûter. C’était une très belle après-midi.

Léïka

Mardi 13 Août

Sortie Vacances-Familles au domaine de Montauger

De bon matin, une grosse poignée » » de Robinsons petits et grands se sont rendus au domaine départemental de Montauger.
Ensemble, dans cet espace naturel sensible, épuisettes en mains nous sommes partis à la rencontre du vivant.
Le monde merveilleux des insectes renferme encore bien des secrets pour chacun de nous.
N’empêche, nous avons passé un moment communautaire calme, apaisé et joyeux.