Parce que nous ne sommes ancrés dans aucune institution, nous sommes en mesure de rencontrer les adolescents et les jeunes , confrontés à des parcours de précarité et de ruptures.

Parce que nous sommes en mesure de rejoindre ces adolescents et ces jeunes comme ils sont, et non pas comme nous les voudrions, nous les acceptons avec leurs charges de responsabilités réelles, symboliques, ou imaginaires vis à vis de leurs fratries, de leurs parents. Nous partons d’une réalité que ni nous, ni eux, n’avons choisie, mais que nous nous proposons de prendre comme base pour trouver des pistes d’amélioration.

Parce que nous faisons tout cela, nous existons pour ces adolescents et ces jeunes et nous existons encore plus bien entendu si nous sommes parvenus à connaître ces mêmes jeunes depuis l’enfance , malgré les violences et ruptures vécues.

Souffrance et adolescence

Pour les jeunes précaires, l’adolescence est une période d’intense souffrance, sans doute bien plus que leur enfance. Ces jeunes ont en effet souvent vécu l’enfance, même chaotique, avec une énergie toute particulière qui les a portés et qui les a souvent valorisés . Malgré des situations de dépendance inversées, malgré de nombreuses privations, ils ont souvent eu l’impression que durant leur enfance, ils étaient utiles, efficaces, pertinents. Bien souvent ils ont rencontré des tiers, des acteurs sociaux, des enseignants qui les ont grandement valorisés à ce sujet.

Mais à l’adolescence , souvent à l’occasion du passage au collège, pour ces jeunes, tout a changé. Ils font souvent l’expérience déstabilisante de la perte des relations de confiance avec les acteurs sociaux et éducatifs qu’ils avaient appris à connaître et fréquenter.

Au même moment, ils se heurtent aux limites de leur investissement. Tout leur résiste; tout leur est plus difficile. Et d’abord de se mobiliser eux mêmes.

La situation d’adultification ou de parentalisation qui était la leur, ne leur attire plus ni sympathie, ni compréhension, ni soutien. Au contraire, cette proximité, cette loyauté vis à vis de leurs proches, leur attire à présent suspicion et hostilité.

De même cette maturité qui avait fait d’eux des enfants extraordinaires, devient presque encombrante; elle conflictualise les relations avec l’environnement et particulièrement au collège, elle devient source de tensions et conflits permanents. Quand on n’ a pas été contenus, il ne faut pas s’attendre à ce qu’on respecte les limites.

Une perte de confiance s’installe dans les deux sens: entre eux et l’environnement social et éducatif. Or, dans leur situation si particulière, si précaire, si difficile, cette perte de confiance a des effets souvent catastrophiques.

Adolescence entre envie et impuissance

Les voici dans une double incapacité; ils ne trouvent plus la disponibilité et la tranquillité d’esprit nécessaire pour pouvoir s’engager , s’impliquer dans les relations , ou projets qu’on leur tend.

Ils ne peuvent pour autant pas les laisser tomber, ni inventer d’autres perspectives. Ils se tiennent dès lors à la marge, à l’extrême limite de ce qu’on leur propose. On ne sait pas ce qui leur ferait le plus peur: s’engager et se laisser embarquer, ou la rupture et qu’on puisse les oublier.

Ce qu’ils semblent attendre c’est d’être embarqués ; que l’on comprenne bien: ils ne sont pas dans une demande d’accompagnement , de médiation, sur le chemin de la découverte d’eux mêmes.

Non les adolescents précaires ont besoin de concret ; pour pouvoir nous rejoindre, pour pouvoir continuer à participer d’un collectif, ce qui leur faut, ce qui est nécessaire pour eux c’est d’être littéralement recrutés, enrôlés, c’est à dire qu’ils puissent rejoindre un statut, une place , une fonction, à la fois socialement valorisante et pratiquement et économiquement viable.

Une soif d’existence

La nécessité d’une approche pragmatique et concrète n’enlève rien au besoin si spécifique et si puissant de ces jeunes d’avoir des réponses à leurs questions existentielles.

Nulle part autant qu’auprès d’eux, nous acteurs éducatifs, pédagogues sociaux, ne ressentons autant le besoin de leur faire des PROMESSES.

Un besoin de rassurance fantastique les hante et ne les laisse jamais en paix. Et voici qu’il faut que nous les rassurions sur tout et CONSTAMMENT: sur leur physique, sur la stabilité de l’affection qu’on leur porte, notre engagement à aller au delà des obstacles immédiats , notre engagement à les suivre au delà des ruptures, et à nous engager sur l’avenir autant que le présent se dérobe.

Ces adolescents précaire sont toujours en soif de moments de vérité. Il faut leur tenir les mains, les regarder dans les yeux, leur retirer leurs lunettes de soleil, subtiliser leurs écrans , pour leur parler au delà, pour leur parler à l’intérieur, pour établir un moment, pour assurer les mots et la parole.

Ils ont besoin d’exister et d’abord en nous mêmes, dans le souci que nous avons d’eux, dans nos pensées qu’ils colonisent.

Ces jeunes font chaque jour l’expérience qu’il n’y a pas de place pour eux dans ce monde. Pour exister dès lors, il n’y a plus qu’un seul moyen , compter pour autrui.

Résilience et adolescence

Mais comment faire quand on n’ a plus d’énergie, et parfois plus d’espoirs? Comment faire quand on est incapable de faire pour soi, d’agir pour soi-même? Comment faire quand on est au bout?

Une perspective qui s’ouvre dès lors que des relations de dépendance réussies auront été vécues avec des acteurs sociaux eux mêmes résistants et résilients, c’est de tenter de faire pour autrui ce que l’on ne peut plus faire pour soi.

Telle qui butte sur son incapacité, son indisponibilité mentale et relationnelle, à lire pour ou apprendre pour elle-même, se trouve sensible à l’idée de lire des contes à sa jeune sœur , ne serait ce que pour lui ouvrir un autre monde , un autre espace qu’elle n’ a pas su conquérir pour elle.

Les enseignants, les travailleurs sociaux sont dans une erreur totale à chaque fois qu’ils imaginent motiver un adolescent précaire pour lui même, ou son intérêt propre.

On ne le concernera pas avec des idées de projets ou de progrès ; on ne le motivera pas sous couvert de bâtir son avenir.

On échouera tout autant par l’alarme, l’alerte, et les arguments de peur et de menace. L’adolescent précaire semble impuissant à se mobiliser pour lui même.

Il ne sert à rien de vouloir le sensibiliser au projet ou au chantier de son destin. C’est le mettre face aux mêmes peurs, aux mêmes impuissances. Ce qu’il recherche c’est de sortir au contraire de lui et de ses propres problèmes.

Ce qu’il désire, c’est de l’aventure, de d’étrangement, fût ce au delà des barrières, des conventions et des limites sociales. Il lui faut du charivari, du déménagement, du chambardement.

Ce qu’il lui faut c’est un voyage, loin de lui, mais au plus profond de la réalité et du monde.

Nos Minis-Campings d’été au Château de Buno

Cet été, du 16 au 19 juillet puis du 6 au 9 août, comme chaque année, nous avons bivouaqué dans notre cher château de Buno où quelques amis des associations partenaires Madame Ruetabaga de Grenoble et Cafézoide de Paris nous ont retrouvé.


Chacun de ces séjours rassemblant une cinquantaine d’âmes a permis de faire communauté : enfants en famille, enfants et adolescents, adultes seuls… cela offre la possibilité à chacun de se découvrir, se rencontrer et s’appréhender différemment dans ce grand espace en dehors du quotidien individuel.


Baignades-parties, crêpes-parties, veillées au coin du feu, tout y était même les averses !
Une constante s’est faite jour à chaque mini camps : les anniversaires de nos jeunes Robinsons qui donnent lieu à de magnifiques ateliers de confections de gâteaux et à de grands moments de fête.

Samedi 10 Août

Atelier du Parthénon

Aujourd’hui… dernier atelier au Parthénon avant septembre. Nous avons eu la présence des parents à la petite enfance et dehors c’était vraiment cool ! A la petite enfance les enfants se sont amusés comme des petits fous.

Les parents étaient également de la partie et ont organisé une belle petite dînette. A l’extérieur, concours de corde à sauter ! C’était génial Mohamed a été élu champion avec un score de 52… énorme !! Des arcs en ciels, des monstres bleus et des zombies se baladaient grâce au fameux atelier maquillage que les enfants ont adoré. 

C’est l’heure du goûter ! Aujourd’hui c’était le tour de Pablo de distribuer le goûter pour tout le monde il était content d’avoir cette responsabilité. Nous avons passé une très belle après-midi.

On se revoit en septembre… bonnes vacances à toutes et à tous !!

Léïka

Vendredi 9 Août

Atelier de la Rocade

Aujourd’hui, atelier pluvieux à La Rocade !!

Retranchés dans le local du jardin, nous n’avons malheureusement pas eu beaucoup d’enfants .

Nous avons fait des tatouages au maquillage et héné, et quelques dessins. Le goûter en petit effectif s’est déroulé dans la bonne humeur .

Atelier au bidonville d’Antony Pôle

Aujourd’hui à Antony Pôle nous nous sommes abrités dans une des maisons pour nous protéger de la pluie. Les enfants et les grands étaient ravis de nous retrouver nous avons dessiné avec les craies grasses, au stylo et avec les crayons de couleurs. Nous avons joué avec les tous petits avec les jolies pièces en bois de toutes les couleurs, les enfants ont pu ainsi imaginer toutes sortes de choses : ils ont imaginé du fromage, des ponts, des voitures…

Nous avons pris un bon goûter et nous nous sommes dit à vendredi prochain pour le dernier atelier de la saison.

Jeudi 8 Août

Atelier du Skate-Park

Aujourd’hui comme tous les jeudis nous nous sommes rendus au Skate Parc. Malgré le peu d’enfants que nous avons rencontrés nous nous sommes tout de même beaucoup amusés. Nous avons mis en place un atelier maquillage qui a énormément plu aux enfants, et nous nous sommes défiés au domino !

C’était super, nous avons finit par prendre le goûter tous ensemble.

Atelier de Massy

Un après midi-ensoleillé et plein de bonne humeur à Massy ! Les enfants sont venus nombreux. Nous avons installé une petite enfance avec des livres et des jeux de constructions. Nous avions aussi un atelier jeux de société où nous avons joué au Jungle Speed. L’atelier maquillage en musique a également attirer de nombreux enfants.

Pour le goûter nous avons mangé une salade de fruits que nous avions réalisé nous même avec les enfants. Elle était délicieuse, tout le monde a adoré !

Atelier à l’Hôtel des Balladins

L’atelier d’aujourd’hui s’est très bien déroulé. Au programme : Préparation de salade de fruits, petits jeux ( 1 2 3 soleil … ) et une petite enfance ! L’occasion pour nous de partager des moments privilégiés avec les touts petits comme les grands, et même avec quelques mamans !

Les grandes étaient fières d’offrir la salade de fruits qu’elles avaient réalisée pour les autres enfants pour le goûter .

Claire

Mercredi 7 Août

Atelier de Bel-Air

Aujourd’hui à Bel Air nous nous sommes installés près du jardin pour attirer le plus de monde possible et avec notre atelier « fabrication de bracelets en perles », mis en place par Mariama et Cosmin ça marche du tonnerre !

De leur coté, Nicolae et Alex se sont occupés de déterrer quelques quinzaines de kilos de pommes de terre et des betteraves pour le plaisir et le bonheur des enfants, Idriss et Oumar qui amèneront une partie à la maison.

La journée s’est achevée avec un bon goûter à la fin de l’atelier.

A plus !!!

Nicolae

Atelier de Saint Eloi

Un bel après-midi ensoleillé à Saint-Eloi. Nous avons installés un atelier petit enfance où les enfants ont pu également jouer à un jeu de société après avoir reconstitué le plateau qui était sous forme de puzzle. Les enfants ont aussi pu jouer à de nombreux jeux collectifs. Nous avons fait un volley, un foot, un « Lucky Luke » et nous avons également joué à la corde à sauter en chantant.

Nous avons terminé l’atelier par un joyeux goûter tous ensemble.