A toutes les rentrées, c’est la même chose; on nous dit quoi penser « raisonnablement » de chaque sujet,  et en particulier, de l’éducation, de l’enfance et de « l’Ecole ». On appelle cela, justement, un « marronnier », un temps d’attention saisonnier, futile et obligatoire sur un sujet qu’on se pressera de classer, ordonner et de remiser aux oubliettes, dès le lendemain.

Penser avec des pensées toutes faites, telle est la condition de la nouvelle inhumanité. C’est du prêt à concevoir, à dire , à raconter, à partager…

Plus que tout autre domaine, l’Education et le Social sont les champs où nous impose le plus de pensées « formatées », moyennes et raisonnables; exemplaires, consensuelles, tièdes.

Or toute pensée cache toujours la manière dont on se pense soi même, comme acteur social, éducatif, politique de sa vie et de son temps. Il est là, l’enjeu de toute idéologie: limiter la définition de qui nous sommes et de ce que nous pouvons être.

Ainsi l’enseignant, le travailleur social, l’animateur, le « simple citoyen » sont-ils convoqués en permanence à se représenter comme des petits maillons de chaîne. Ils devraient être connectés, les uns les autres, travailler en « bonne intelligence », les uns à côté des choses selon des protocoles. Le mot d’ordre est là: « faire réseau », « être complémentaire », accepter d’être un fragment.

Il est bien commode d’inviter l’acteur social à perdre de vue la globalité et le sens de son action, comme de son impact, en lui réaffirmant qu’il n’est qu’une poussière dans un ensemble qui lui échappe et qui n’est ni à sa portée, ni lié à son vouloir.

La dilution des tâches, comme des responsabilités, contribue à décerveler l’acteur de terrain qui avale de plus en plus de couleuvres , mais qui n’en fait pas une maladie (en tout cas pas tout de suite) car il n’est qu’un petit maillon de la chaîne.

Tout réseau est un filet; tout réseau est entrave et trop longtemps les acteurs sociaux se sont consolés de leur perte d’influence, de liberté et de pouvoir d’agir, par l’hypothétique satisfaction d’être en lien avec d’autres acteurs et partenaires; de ne plus être seuls dans cette galère et d’être -pourquoi pas- un peu plus efficaces ensemble.

Mais tout cela est du vent ; ce que nous n’osons pas tout seul, nous n’aurons pas le courage de le faire au nom d’une pluralité d’éléments en réseau. Les réseaux échouent toujours à devenir des collectifs. Au mieux, ils sont une pluralité de solitudes.

Nous constatons que les réseaux ne se risquent pas, ne s’engagent jamais et n’arrivent guère à constituer un « nous » possible ou effectif.

La Base du social , l’avons nous oubliée?  C’est l’autonomie de l’acteur sur son propre terrain, sa liberté, sa nécessité d’agir et de construire un sens cohérent et global au delà même de son action.

Il faut être « Un » d’abord pour pouvoir être entier et même participer d’une communauté possible. Il faut d’abord être une personne entière. Une personne, c’est tout le contraire de l’individu qui n’est que matériau ou fragment d’un ensemble qui lui échappe. Seules les premières  personnes sont créatrices, au singulier , comme au pluriel.

Ne soyez pas complémentaires, ne fractionnez pas vos actions, ne cloisonnez pas vos combats ! Soyez les mêmes dans  la rue, au travail, à la maison. Soyez entiers; exigez la cohérence.  Soyez sauvages et vrais!

   KroniK des Robinsons de la Route: Tournée d’été AVEN SAVORE 22 – 27 Aout

Les couleurs d’AVEN SAVORE par Juliette

MARDI  : Après un départ mouvementé de Chilly-Mazarin et un joyeux pique nique musical, répétition énergique à l’arrivée à Chalon sur Saone. Aujourd’hui, on se découvre encore, mais les hésitations et les faux pas partagés nous lient ! Et sur scène, chacun prend sa place pour s’épanouir dans le cadre crée ensemble.
Pour son premier spectacle, Aven SAVORE, accompagné de Tomas et Stefan des Kesaj Tchavé a enflammé la scène de la maison de quartier du Pré st jean à Chalon sur Saône ! Des échanges émouvants et sympathiques avec un public enjoué, la tournée s’annonce riche de rencontres et de partage !

Sur l’aire d’autoroute, pique nique en musique et en danse! On annonce les couleurs!!
AVEN SAVORE, annoncé comme spectacle du jour!
Graziella et Cassandra dansent au milieu du public
Première représentation, le public est conquis!
La tournée en dessins, merci Marie!

MERCREDI : après une nuit bien méritée au château de Chalon et un petit déj gourmand apporté par Ennouri de la maison de quartier, la troupe reprend la route direction Grenoble.
Au camping de Seyssins, le casse tête du montage des tentes ne s’éternise pas trop longtemps…Ouf, on est installés et la pause piscine, tant espérée est bienvenue. Quelques brasses et il faut repartir pour la répétition au pied des montagnes sur le campus!

AU grand air, les répét sont douces!!
AU grand air, les répét sont douces!!

Dans la soirée, Aven Savore a mis le feu sur la scène du Congrès de l’ICEM !! L’ambiance était joyeuse, le public en folie a participé aux danses et aux chants de la troupe avec beaucoup d’enthousiasme! Instits et éducateurs reprennent en cœur « Le facteur n’est pas passé » à la sauce Dusko !!
Les robes colorées, les gestes gracieux, la joie partagée se sont répandus dans toute la salle et le bonheur a été contagieux !! Sûr qu’on entendra longtemps chez les Robinsons les ‘tu te souviens de la soirée au congrès »…

JEUDI : Ce ne sont pas les quelques nuages menaçant qui nous feront renoncer au petit plaisir d’une baignade matinale!! Alexandru fait ses premières brasses dans le grand bain sous les regards épatés des copains qui ont accompagnés ses premières tentatives. Pendant ce temps au congrès, Laurent « table ronde » et Dusko, Abdel et quelques enfants animent l’atelier danse de rue.

Pause piscine et premières brasses!

 

 

En début d’après midi, la joyeuse troupe se retrouve au complet. De la cuisine, de la danse, de la musique, des rires, des belles rencontres et des échanges ! Intermèdes est là!!! Toute la journée, les congressistes reconnaissent un visage, un sourire et remercient les enfants pour la soirée de la veille. .

Atelier Danse de rue avec Stefan
Hélène aux fourneaux. Ce soir, paella marisco pour 50 personnes!

Le soir, repas partagé : on mange tous ensemble la paella cuisinée avec les copains de l’association Mme Ruetabaga (de Grenoble). Une belle tablée autour d’une magnifique (et délicieuse!!) paella, avec les copains du chantier de pédagogie sociale et les Robinsons . Même si la paella ne passe pas aussi bien pour tout le monde, le moment partagé, avec chips ou coca est très chouette !

VENDREDI chargé pour les Robinsons!
Au congrès de l’ICEM le matin, Laurent, Abdel et Hafsatou présentent l’association et ses activités dans le cadre d’une conférence sur la pédagogie sociale. Incroyable Hafsatou qui remercie Intermèdes, « avant je n’étais pas ouverte d’esprit  comme ça»

Pendant ce temps, au camping, on démonte joyeusement!!!
Après une pause Mc do, (presque unanimement notre meilleur repas ; ) on arrive repus et contents au village de Glandage où on est accueillis avec les sourires des copains de l’association Mme Ruetabaga. Vue magique sur les montagnes!  Chacun s’active pour dresser notre éphémère campement. Malgré les galères de montage (« mais où sont les sardines », « comment ça se met ce truc ?? »), les nuits fraîches, le mal de dos au réveil, on aime bien notre petit camp et les moments qu’on y partage !!

Répét au café, dans un cadre encore une fois grandiose!

                 

C’est déjà l’heure de la répét au café associatif du village pendant que les bénévoles de Mme Ruetabaga aidés par les Robinsons épluchent, tartinent…pour la grande soirée tzigane. Malgré la fatigue, les gorges qui chatouillent, c’est ici et maintenant que nous voulons être ensemble ! Au public charmé, Aven Savore a encore offert une belle soirée de chants et de danses.


Et sur les plus grands tubes de manélé, ceux de l’été et des étés passés, la joyeuse troupe a entraîné les spectateurs jusque tard dans la soirée!! Zouk Machine a encore de beaux jours devant elle !! Pour nous, c’est encore de beaux moments partagés et des souvenirs créés…

SAMEDI
: Après une nuit humide, le café et les tartines de Nutella sont savoureux ! On se perfectionne pour le rangement des tentes mais on n’est pas mécontents que ce soit la dernière fois ! Direction Monestier le Percy pour le festival des 400 coups ! On apprécie le cadre improbable, le chapiteau grandiose planté au milieu des champs et bâtiments désaffectés…

Chapiteau au milieu des champs à Monestier le Percy
La sarbacane passionne Caroline et Alexandru…pendant 2 heures!
Mais que peut bien raconter Alex aux copains de Mme Ruetabaga?!?
Pause lecture dans le salon improvisé pour Izabella
Fête des 400 coups, le programme mis en couleurs par Héléna, Caroline et les petites mains des enfants!
Mariam organise l’atelier peinture
Yaelle et Héléna dessinent au vert

Dernière répét sous le chapiteau avant le dernier spectacle de cette tournée incroyable. Il sera beau ce spectacle, chacun perçoit sur les visages, dans les regards le plaisir d’être ensemble. Dernière boum aussi. Moins longue, la fatigue pesant sur les corps des petits et des grands. Pourtant, aux premières notes de Ceae Shukarie, devenue notre référence commune, les énergies se mêlent encore pour quelques minutes !

Pause déj, Laurent et Hélène expliquent à la troupe l’orga et le coût du séjour

Dimanche : dernier petit dej’ partagé avant un trajet qui s’annonce long et chaud.

10h, bagages chargés, traits tirés, on quitte Monestier à l’heure prévue, c’était pas gagné ! Pause déj, on partage un savoureux fromage de chèvre du marché (merci Hélène et Nathalie!!), une découverte pour Cassandra qui s’étonne d’aimer ça ! On se traduit quelques mots de roumain, des paroles de chansons remplissent les carnets. On veut garder une petite trace du séjour, des moments partagés.

Embouteillages, téléphones déchargés, chaleur étouffante…Dans les camions, on s’impatiente, on a envie d’arriver. Mais plus l’échéance approche plus on a envie de la retarder. Alors, on se raconte les soirées, les nuits sous la tente, on se rappelle les progrès des danseurs. On se répète qu’on a « adoré ces vacances ensemble » et on évoque déjà la prochaine tournée (pourquoi pas la Slovaquie ou la ZAD de NDDL?)

Et puis Chilly. 10H de voyage. Énième déchargement, le dernier pour cette fois. Yeux fatigués, gorges nouées mais des sourires, encore !
Le dernier camion arrive enfin : vitres baissées, Gipsy Casual volume maximum, rires explosifs : les Robinsons sont de retour !!
C’est l’heure des au revoir, des câlins et des larmes. On se promet de se revoir vite et on se quitte les cœurs chargés et les têtes pleines de couleurs, de musique et de souvenirs.

Vivent les Robinsons, Vive Aven Savoré !