La superfluité

Les XX ème et XXIème siècles n’ont certes pas inventé les rapports sociaux de domination et d’exploitation. Il n’en reste pas moins que la fin du XXème siècle a vu l’instauration de masse d’un rapport social spécifique , qui est aujourd’hui au coeur des crises et des tensions: la superfluité.

Défini par P. Vasseur et H. Bazin comme un  « sentiment d’inutilité sociale », collé et infligé aux milieux populaires »  (voir texte ci dessous) , la superfluité en tant que telle n’est pas absolument nouvelle. Elle était en quelque sorte une violence d’accompagnement des autres rapports de domination économique , politique et sociale.

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Ce qui est nouveau actuellement,  c’est son utilisation principale et définitive pour caractériser les relations que des pans entiers de la population entretiendraient avec la société toute entière. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est que le jeune des quartiers, la mère de famille déqualifiée et encombrée d’enfants,  l’adulte isolé éloigné de l’emploi, le malade … sont dorénavant superflus, traités comme tels et que cette qualification semble désormais « définitive ».

La superfluité relève d’une certaine morale sociale en ce qu’elle instaure une forme de jugement à la fois individuel et collectif. Celui qui est superflu n’est pas un accidenté de la vie. Il est toujours reconnu comme auteur de sa superfluité; il en porte la responsabilité et même la faute. Celle-ci est même double. L’individu superflu est deux fois coupables: coupable d’être superflu et coupable de le demeurer.

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Il est donc aussi deux fois réprimé, une première fois au nom de ce qu’il est et une seconde fois au nom de ce qu’il fait mal, ou ne fait pas, pour se sortir de sa situation: faire preuve d’autonomie, d’initiative, de mobilité, etc.

On a toujours tendance à définir les phénomènes socio-dynamiques comme des sentiments, des états  d’âme. C’est toujours une erreur car ainsi, on s’empêche de comprendre la mécanique de leur production.

La superfluité n’est pas ressentie par ceux qui en sont frappés, mais « appliquée »à eux. La superfluité n’est pas une nature mais une production. Le système social qui juge superflu certains de ses groupes et membres, produit en réalité au même instant qu’elle la déplore , cette même superfluité .

La superfluité n’est pas un attribut de celui qui la subit, c’est ce qui caractérise au contraire toute une mécanique, toute une production sociale.

On produit de la superfluité chaque jour dans la manière dont on traite les enfants dans le écoles (en particulier en milieu populaire), dans la manière dont on accueille les gens à Pôle Emploi. On produit de la superfluité dans les institutions, dans les rapports professionnels/usagers, à chaque fois qu’on affirme le « plein » d’un cadre, d’une structure, d’une posture, d’un métier, en relation inverse avec le vide qu’on attribue à son bénéficiaire. On produit de la superfluité à chaque fois qu’on attribue des rôles contraires; à chaque fois qu’on joue et rejoue un même scénario social éculé.

Sur le plan de sa production, la superfluité se décompose en trois étapes: l’invisibilité, la nullité, l’hostilité.

Dans un premier temps, le processus de superfluité appliqué au pauvre, au précaire, passe par son invisibilisation. L’individu superflu ne se voit pas; il n’a pas d’originalité, pas de personnalité. Cette invisibilité est triple. L’individu superflu est invisible à lui même, invisible dans son propre milieu , et bien entendu encore plus vis à vis des institutions et des autres milieux.

Dans un second temps, l’individu superflu est frappé de nullité. Peu importe son bagage, son expérience, les langues qu’il parle, son parcours ou son expérience de vie; aucune valeur sociale ne saurait en ressortir. Pire ce « vécu » fonctionne à l’inverse sous la forme d’un handicap. Il faut bien comprendre que la nullité est en soi un caractère envahissant; elle n’est pas seulement scolaire ou professionnelle; elle tend à envahir tous les aspects de la vie.

Dans un dernier temps de la constitution de sa superfluité, l’individu concerné fait face à une hostilité institutionnelle et sociale. Il la reçoit comme un rejet, une mise à l’écart. Cette hostilité nourrit son amertume, son ressentiment et son agressivité qui vient tout autant nourrir que justifier la répression qu’il continuera de subir.

Si la superfluité est bien le produit d’une certaine forme de pédagogie, d’une logique de traitement, la manière d’y réagir relève également d’une action volontaire et d’une pédagogie explicites.

De notre expérience, il y a deux manières de lutter contre le statut de superfluité.

Ce sont deux pratiques qui permettent à ceux qui en bénéficient, de se dégager progressivement de l’emprise de la superfluité vécue.

La première repose sur la considération comme pratique positive.

En Pédagogie sociale on s’applique à produire de la considération personnelle et collective dans nos relations au milieu et aux personnes. Cette considération passe par le soin que nous mettons dans nos relations, par la reconnaissance, par la confiance que nous établissons progressivement.  Cette considération n’est ni un style, ni une simple absence des qualités contraires. C’est bien une production et une préoccupation.

En Pédagogie sociale, le soin lutte contre la superfluité.

La seconde consiste dans l’accès et l’invitation au travail, comme valeur, mais aussi comme pratique sociale « normale ».

Nous dissocions les notions d’emploi et de travail. Car la norme indique que l’on est superflu quand nul ne vous emploie , et que l’on cesse de l’être quand on a un travail salarié. Le salariat, la notion d’emploi portent donc en puissance la notion de superfluité comme « risque perpétuel », car celui qui est employé peut cesser de l’être.   La notion de Travail n’est pas soumise au même dilemme. Celui qui a un emploi peut travailler tout autant que celui qui n’en a pas. Contrairement à l’emploi qui se définit de l’extérieur(par celui qui vous emploie) , le travail affirme au contraire l’autorité de celui qui s’y livre. On ne peut pas lui retirer. Ou, pour le dire simplement: on est toujours agent de son emploi et auteur de son travail.

La Pédagogie sociale est une pédagogie de l’autorité qui se réfère à la notion de Travail (C. Freinet, l’Education au travail). Elle nous incite à reconsidérer les statuts salariés et professionnels et à privilégier le travail en commun et entre tous, comme remède contre toutes les  superfluités personnelles, économiques, sociales et politiques.

« L’humiliation reste le support privilégié pour effacer le sujet dans sa qualité même d’être humain. « Elle est une forme intense, de souffrance psychique : elle dévalorise, méprise et met en cause le droit de l’individu »[5].  Chaque personne doit intégrer cette peur comme modèle comportemental de soumission indépassable de sa situation personnelle. En entreprise comme dans le quartier, l’humilié doit comprendre son inadaptation aux exigences du système. Le sentiment d’inutilité est la base même du totalitarisme économique, ce que Patrick Vasseur appelle « superfluité »[6], c’est-à-dire un système où les hommes sont superflus, atomisés dans une masse sans possibilité de se rattacher à une forme collective : un individu sans qualité, sans originalité, sans singularité, sans personnalité, un individu inférieur. À cette forme totalitaire correspond une humiliation radicale. Le manque de respect, de considération, le déni de reconnaissance viennent rappeler cette condition. La soumission des groupes passe toujours par la dimension individuelle. On isole pour cela l’individu, on cherche à l’atteindre par l’intime, là où s’abritent les sentiments les plus profonds d’existence de soi et des autres. On le réduit à un corps, on disqualifie sa vie par le vécu sensible de la douleur, de la dégradation. » – Hugues Bazin.

 

DIMANCHE

Dimanche au Jardin

Aujourd’hui 26 02 2017, nous étions nombreux au jardin. Il y  avait Louis, Dusko, Sadio, Meklèsche, Zohra et beaucoup d’enfants.

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Nous avons commencé par désherber et retourner la terre sur deux terrains aménagés. Puis nous avons arrosé l’intérieur de la serre et nettoyer l’entrée principale du jardin car il y avait des mauvais herbes qui empêchaient la bonne ouverture du portail. Laurent et Hélène sont passés nous aider à nettoyer les terrains et mettre du BRF sur les jeunes plantes.

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Nous avons passés une excellente journée en compagnie des mamans présentes pour accompagner l’effort de chacun et de tous pour que notre jardin soit propre et beau.

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SAMEDI

Atelier de la Villa Saint-Martin

Aujourd’hui à la VSM, Nous sommes arrivés le soleil et les enfants étaient nombreux au rendez-vous, nous avons donc pu organiser une partie de foot ou il y a eu plein de belles actions collectives.

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Nous avons en parallèle lancé une partie de twister et un atelier petite enfance avec des mamans.

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Dans le jardin les mauvaises herbes ont été retirées et nous avons retourné la terre.

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Dans le respect de la parole de chacun, tout le monde a donné son avis sur les ateliers et certains enfants nous ont demandé de faire un atelier dessin et peinture la prochaine fois.

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Les enfants ont distribué le gouter clôturant ainsi ce bel atelier

Atelier des Hôtels

Aujourd’hui aux hôtels F1, nous avons rencontré plusieurs nouveaux enfants. Ils étaient environ 35 enfants dont 25 enfants des hôtels Parthénon et une dizaine des hôtels F1. Certains parents ont participé aux activités jusqu’au goûter.

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Nous avons commencé avec un jeu collectif (football, balle au prisonnier) puis nous nous sommes partagés sur plusieurs ateliers tels que la petite enfance et un atelier créatif, qui ont réunis beaucoup d’enfants et parents.

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Aujourd’hui c’était l’anniversaire de Famoussa ! Nous nous sommes tous réunis pour lui fêter son anniversaire autour d’un bon gâteau. C’était un bon atelier.

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VENDREDI

Soirée Conviviale

Atelier de La Rocade

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Aujourd’hui nous avons fait l’atelier à la Rocade avec Jérémie, Pierre-Louis, Nelson, Emy, Tito, Lary, Mecles, Laura, Daniel et Aurélie. Nous avons fait un grand foot avec les enfants, certains ont commenté le jeu. A noter que les plus petits n’ont pas hésité à prendre le micro. Résultat impressionnant : l’équipe avec les filles et les plus petits ont gagné contre les grands: Meclesh est dégoûté (:-)) … Ceux qui ne voulaient pas jouer ont pu s’affronter au puissance 4 et au croque-carotte.

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L’après-midi s’est conclue sur una Assemblée de Quartier où nous avons eu l’occasion de parler du grand tournoi de foot qui se tiendra le 13 avril, et enfin sur un goûter à base de pains au chocolat et de chocolat chaud.

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Atelier de Champlan

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Aujourd’hui, nous sommes allés à Champlan et il y avait environ une quinzaine d’enfants. Beaucoup d’enfants étaient à l’école et plusieurs parmi eux nous ont rejoint au cours de l’atelier.

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Nous avons commencé par un chat famille, puis un poisson pêcheur et un tomate ketchup. Ensuite, nous avons installé la petite enfance, qui a bien marché, et un atelier créatif qui consistait à dessiner et coller des papiers crépon sur une feuille en fonction de leur imagination.

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Nous avons été agréablement surpris de voir plusieurs nouveaux enfants sur le camp de champlan. Il y en avait au moins 7 que l’on a appris à connaître.

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JEUDI

Atelier de Massy

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Une vingtaine d’enfants étaient présents lors de cet atelier ainsi que 4-5 mamans à qui on a pu donner les infos concernant la soirée conviviale et le rendez-vous avec la mairie du 2 mars.

Un grand foot était organisé par Louis Kévin et Pierre-Louis.

Sur la petite enfance il y avait Laura et Emy.

Tandis que Jellyssia et Iasmina faisaient elles les grands jeux.
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On a eu le plaisir de voir le retour des mamans à l’atelier, surement dû à la haute des températures.

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Atelier du Skate Park

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Nous sommes arrivés au Skate Park un peu avant la sortie des classes, prêts à accueillir les enfants avec au programme de la petite enfance, des coloriages ainsi que des jeux collectifs (baskets et foot).

Les enfants étaient contents de nous trouver sur place.

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Le Dazibao pour la prochaine fête conviviale du mois de Mars a pu être fait.

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Atelier du Jardin

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Aujourd’hui nous arrivons au jardin, investis d’une mission par Laura: Couper des tuteurs pour le jardin de la Villa Saint-Martin!

Tout le monde s’y met donc a coup de scie, de sécateurs, de machettes et en un rien de temps on a récolté un bon fagots de tiges de noisettiers.

On fait ensuite le tour du jardin avec des sacs poubelles pour ramasser les déchets, puis, le temps tournant au vinaigre, on se réfugie dans le camion pour aller un prendre au local un gouter bien mérité!

MERCREDI

Atelier de Saint-Eloi

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On a démarré par une poule renard vipère tous ensemble ce qui a permis à chaque enfants d’arriver les uns après les autres en se greffant à une équipe durant le jeu.

 

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Ensuite le groupe s’est divisé pour proposer un tournoi de foot, une sorte de chasse au trésor où l’on devait retrouver une peluche, un atelier peinture et une petite enfance.

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Durant l’Assemblée de quartier Jessica nous fait part de critiques concernant son handicap par des jeunes du quartier. C’est pourquoi on leur a rappelé la violence verbale de leurs paroles envers elle et fais comprendre que pour eux c’est peut être drôle mais que pour les personnes en situation de handicap c’est énormément de souffrance.

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Les enfants veulent commencer le projet des vidéos tuto sur une chaine Youtube. On essayera de les mettre en place dès la semaine suivante.

 

Atelier du Jardin

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Une après-midi chaleureuse nous attend aujourd’hui et c’est notre jour de sortie en nature, au jardin des Robinson, avec les enfants d’Epinay, Roni, Razvan, Tubi, Delfin, Nutu, mais aussi notre habitue Eric qui accompagne Nicolae, Dusko et Dan tous les Mercredis au jardin.

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Les enfants se donnent à fond pour travailler et ils lancent même un petit concours de qui emmène les plus des brouettes et bien sûr les plus grands sont en tête de la liste mais les petits ne se laisse pas faire et avec  beaucoup de courage et d’envie se débrouilles pour  emmener les brouettes.

Autour du puits  Eric nous demande si on peut emmener du BRF pour compléter  le trou, comme ça on évitera la boue.

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Tout ça étant dit et fait on s’assoit tous pour manger le goûter et  on part pour le local. ?

A bientôt.

MARDI

Cours de Français 

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Une dizaine de mamans ce sont présentées au cours de français aujourd‘hui.

Nous avons travaillé sur de sons et la prononciation de différentes phrases (« on », « ai » qui se prononce «è », « ph » ou « f », « o » ou « au » ou « eau »).

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Elles ont énormément participé et étaient contentes d’apprendre de nouvelles choses.

Très bonne journée, des devoirs maisons ont été donnés pour la semaine prochaine.

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