Le droit à la rue

On a transformé la rue, d’espace de visibilité en espace d’invisibilité. La rue devait être le miroir de la société et rendre visible son fonctionnement, ses évolutions et ses contradictions. On devrait y voir la production, le commerce , la vie sociale, locale. La vie des gens devrait y déborder. Ce serait notre chez nous, dehors.

 

La rue devrait être le lieu d’expression de nos passions, de nos mécontentements, de nos espoirs aussi, mais aussi des luttes, des conflits, des contradictions, des progrès.

Et qu’avons fait nous de cette rue? Nous en avons des « espaces », des voies de circulation, des lieux protégés, aseptisés, contrôlés, surveillés, vides et froids.

La fête elle même, l’animation locale, l’animation sociale, quand elles prennent (si peu) la rue pour cadre en renforcent encore ce caractère artificiel. On y joue une fausse convivialité, sans joie , ni relation véritable.  On y singe une fête avec du bruit et quelques attractions, mais la fête n’est pas ici le produit des gens qui sont là, elle est une simple injonction épisodique qui tombe d’en haut.

« Animer la rue », « animer l’espace public »revient au fond à accepter à bon compte que cette rue et que ces espaces soient morts pourvu qu’on y porte quelques fois quelques couronnes.

A l’inverse, en Pédagogie Sociale, nous voulons travailler avec les précaires:  ceux qui justement tentent de « tenir à la rue »,  de se retenir à elle comme on tient une rambarde;  nous souhaitons travailler avec ceux qui s’agrippent à la rue, car sans cette visibilité là, tout simplement ils meurent.

Quand on travaille avec ces gens trop longtemps reclus, à qui l’énormité de leurs problèmes n’a laissé d’autre choix que de s’enterrer ou de sortir , on se rend compte combien tout est fait pour les exclure de la voie publique, comment on veut les en effacer.

Tandis que les politiciens pestent de voir dans la rue trop encore de notre réalité sociale; tandis qu’ils dénoncent que l’on puisse y voir  tant de gens qui vivent dehors (précarité, mal logement), tandis qu’ils font de ceux qui s’accrochent à la rue, des boucs émissaires , nous estimons au contraire que la rue n’est pas un danger, mais un moyen de lutter contre le danger.

Le danger est et reste l’autoenfermement, l’autoensevelissement, la grande dépression, l’inaction et la perte de l’énergie de vivre qui rongent les familles, les parents, les enfants.

La rue est un moyen de sortir de cela, d’exprimer que ce qui nous touche n’est pas qu’à nous mais caractérise un mode de  société qui s’en contente, et qui l’entretient.

Nous allons dans la rue, avec une pédagogie de rue, c’est à dire que pour nous elle n’est pas lieu d’animation, de convivialité artificielle, ou de fêtes et manifestations sans lendemains . Elle est et doit être et doit advenir comme lieu de vie, espace nécessaire pour rendre visible le travail à faire.

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Nous sommes dans un système qui organise la misère pour la vendre en petits morceaux. Les familles que nous connaissons qui errent d’hôtels en hôtels, via le 115  et son système qui coûte une fortune, sont interdites de travailler. Si elles tentent de gagner un peu d’argent, on les pénalise et on les expulse.

Nous sommes dans un système qui finance la misère pourvu qu’on l’enferme, pourvu qu’on ne la voit et qu’on ne la dise pas.  Ce qui compte c’est de renvoyer chaque misérable , à  la gestion de son cas dans une odyssée dont il n’est pas près de sortir.  Il semble que l’essentiel soit qu’il ne se passe rien dehors, pour qu’on ne prenne pas en compte NOTRE réalité, qu’on ne pense même pas à la changer.

Nous proposons quant à nous une voie du « dehors »: il s’agit de produire de l’activité du lien du bien; de permettre à la réalité de s’exprimer dehors pour devenir cet objet commun qui pourrait faire … société?

A Robinson, nous agissons clairement pour que les signes de toutes sortes , religieux ou pas, politiques, poétiques, que les minorités, les conflits, les interrogations , les inégalités et injustices … s’expriment dans les espaces publics.

Nous savons combien ainsi nous combattons de bien pires enfermements.

Nous défendons le droit à la rue quand tant de droits sont à la rue.

 

DIMANCHE:

Jardin :

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Nous sommes nombreux ce dimanche au départ devant le Dia. Un voyage à pied sera nécessaire pour que tout le monde puisse venir.

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On commence par démarrer le feu et la débroussailleuse dans le même temps. Nous coupons l’herbe en divers endroits, elle pousse moins vite désormais, nous n’aurons bientôt plus besoin de nous en servir.

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La récolte est également effectuée, en deux temps. On commence par récupérer quelques tomates qui nous serviront pour le déjeuner ainsi que des carottes, des framboises et de la rhubarbe. La viande est cuite ! C’est l’heure de ce mettre à table dans la bonne humeur en évoquant les objectifs de l’après-midi.

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Nous décidons de retourner la parcelle de pommes de terre voir s’il en reste. Et c’est une grande surprise !! Nous en ramassons une brouette complète. Tout le monde se relaie pour y dénicher les patates grâce aux bêches, grelinettes…Certains retournent le sol, d’autres les récupère et enfin d’autres les chargent dans la brouette. Un moment très convivial passé en groupe qui aide tout le monde à ce motivé.

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Enfin nous partageons la récolte entre tous : patates, poivrons, haricots, persil, oseille, pommes sont ajoutés à ce que nous avions récupérés le matin, une grande récolte !

SAMEDI :

A la Villa Saint Martin :

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Cet après-midi direction la VSM. Le DAEV est déployé sur le terrain de foot, nous ne sortons qu’une tente, le temps est superbe ! Les enfants sont nombreux, la cuisine est prise d’assault, on leur propose de faire des pommes d’amour avec les pommes du terrain des abeilles.

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La tente petite enfance est bien investie également car c’est près d’une quinzaine de petits qui s’y amusent.

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Une partie du Red Scorpion crew est présent et les jeunes s’entrainent à danser et à choisir de nouvelles musiques pour leurs spectacles. Les jeux de société sont également à disposition, dobble et Puzzles sont les préférés des enfants.

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Enfin les pommes d’amour sont dégustées lors du goûter, un bel atelier avec beaucoup d’enfants !

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VENDREDI

La Rocade :

 

Au terrain des ruches

Nous allons au terrain « du fond de l’église » où sont situées nos ruches pour y effectuer une grande récolte de pommes. Elles ne sont pas encore à pleine maturité mais nous en cueillons quand même un gros sac de pommes plus mûres.

Mais nous allons surtout découvrir que certains arbres ont souffert de grosses rafales de vents. Un de nos arbres à une de ses grosses branches qui à craquer et c’est mise ne plein milieu du passage. A l’aide de scies nous débloquons le passage et défrichons un peu autour. Puis nous avançons encore vers le fond du terrain et là c’est un arbre entier de la forêt qui est tombé sur notre terrain. Idem nous le débitons pour nous dégager un passage.

Et enfin, tout, au fond du terrain, nous découvrons un vieux pommier qui c’est déraciné, couché par terre. Nous allons avoir du boulot et nous pourrons récupérer beaucoup de bois pour cet hiver.

JEUDI :

Wissous : 

Comment raconter Wissous? Alors que le lundi d’après du jour décrit ici , le camp a été détruit et les familles (dont la plupart ont refusé les quelques nuits d’hôtel n’importe où sans aucune perspective) éparpillées, fragmentées, renvoyées à la misère sans la sécurité du groupe?

Nous laissons donc ces photos ci dessous, de ce dernier atelier qui s’est tenu dans le second campement encore plus précaire où les familles avaient cru trouver refuge.

 Pour le reste, les images témoignent de relations éducatives, de dette confiance patiente et sereine , tissée entre les intervenants et les familles, une confiance qui défiait la misère, la précarité … et les stéréotypes et la xénophobie.

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Au jardin :

De retour au terrain de l’équerre cet après-midi. Le ciel s’éclaircit au fur et à mesure que le temps passe. C’est l’occasion de faire un tour du jardin pour voir où en sont nos plantations.

Nous décidons de nous attaquer au bois pour nous réchauffer. Scies et sécateurs sont de sorties. Nous débitons en petites bûches les nombreuses branches regroupées en tas. Ces bûches serviront pour notre table à feu. Nous récupérons également au passage du petit bois. Et nous finissons de tailler le jeune châtaigner à l’entrée du terrain.

Une  petite récolte de tomates, poivrons, persil et également de noix est effectuée.

Skate-Park

C’est un très grand atelier aujourd’hui au Skate Park ! Quelques rayons de soleil nous font l’honneur d’être présents pour le plus grand plaisir de chacun. C’est le grand rendez-vous hebdomadaire, beaucoup de mamans sont présentes sur l’atelier. Exceptionnellement, les ateliers du Skate Park et de la Croix-breton se sont réunis ce qui agrandi d’autant plus notre groupe de Robinsons !

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Ramona et Johann proposent divers jeux et activités aux enfants. Le coin petit enfance et bien investit par les plus petits qui se font un festin grâce à la dinette. D’autres préfèrent chercher Charlie ou retrouver Tom-tom et Nana !

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Souad, propose un basket aux plus grand. Théo et Rayen s’en donnent à cœur joie et insiste vivement pour que les règle soit respecter ! Mais d’abord un petit « tour du monde » avant d’entamer un match en 20 points !

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Tous les enfants se réunissent ensuite afin de prendre un petit goûter ensemble. Petits et grands, parents et enfants, tous sont réuni sur le tapis et partage un petit moment chaleureux avant de se dire à la semaine prochaine.

MERCREDI :

Villebon :

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C’est avec de grands sourires que nous sommes accueillies aujourd’hui à l’usine gallant. Nous nous disons bonjour avec le Salut créé avec les enfants !  2 Tapes dans la main,1 du poing suivie d’une douce bise !

Nous entamons ensuite l’atelier avec un jeu proposé par les enfants « FLORI FETE SI BAIETI » qui veut dire littéralement « les filles fleurs et les garçons ». Un binôme choisi un chiffre dans sa tête et le groupe essaie de deviner quel est ce chiffre. S’en suit une série de question posée à la personne ayant trouvé le chiffre. Par exemple, Ramon trouve le chiffre 4,le groupe pose ensuite des question à Ramon autour de ses goûts et du chiffre en question.

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Nous avons ensuite proposé aux enfants de faire des activités de maquillage, et de  coloriage, en alternant en fonction des âges. Les enfants ont beaucoup aimés se maquiller ! De jolis petits insectes et autres animaux ont vu le jour. Nous avons ainsi pu apprendre que Papillon se dit « Fluture » en Roumain, et chat « Pisica ».

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Les enfants ont aussi pu retrouver leurs travaux, commencé avec l’association et soigneusement entretenu par les enfants de l’usine. Chacun d’entre eux retrouvent son classeur et reprends son travail de la semaine précédente ou en entame un autre en fonction de son avancement.

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Nous nous réunissons ensuite tous ensemble pour partager un goûter sur le tapis. Deux enfants accompagnés de Ramona se chargent de distribuer les boissons et gateaux.

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Il est déjà temps de se dire à la semaine prochaine. Les enfants nous raccompagnent comme d’habitude au camion, en nous aidant à rapporter le matériel.

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Bel air :

L’équipe est en petit comité cet après-midi donc tout le monde se retrouve à l’atelier ludothèque. Il y a peu d’enfants au départ puis nous avons avons été rejoint par d’autres au fur et à mesure que l’atelier se déroulait.

Le tapis d’échec est déroulé et les enfants se l’accaparent. Une autre équipe joue au Mollky et d’autres organisent une partie de pétanque. Pour certains enfants c’est une vraie découverte bien appréciée et ils ont une vraie « gachette » !

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Une petite partie de twister est lancée sur un tapis puis l’heure du goûter arrive. Nous nous mettons à l’abri sous les arbres car la pluie se montre ! Il est alors temps de plier les tapis et ranger les jeux. Nous nous donnons rendez-vous au même endroit la semaine prochaine.

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