Les Rroms sont le miroir des banlieues


Selon le réseau universitaire NETRACES
(Network and Research and Action on European Slums) , il est difficile de définir par un critère unique le phénomène de ghettoïsation , de marginalisation spatiale , et de précarisation de groupes sociaux ou ethniques en Union européenne.

En effet, en fonction des pays ou régions, ces quartiers sub-urbains de concentration de la misère peuvent se situer en périphérie, ou bien en centre ville, mais aussi parfois dans des zones rurales environnantes.  Ils peuvent également être constitués de formes d’habitat divers: grands ensembles, lotissements, bidonvilles, habitat rural dispersé, … La diversité est de règle.

Mais par contre ce qui caractérise TOUJOURS la ségrégation spatiale et sociale, au delà des particularités   ce sont 4 critères que l’on retrouve partout, sous la forme de quatre manques, pour ces territoires:

Manque de ressources économiques, – Manque de ressources en dispositifs sociaux adaptés aux besoins spécifiques, – Manque de représentation politique et de ressources politiques d’influence et de décision, – Manque de sécurité administrative légale, difficultés liées à des statuts juridiques problématiques

De ce point de vue, nul ne subit autant un tel désastre, selon ces quatre critères, que les Rroms et particulièrement en France.

Mais pour autant, nos banlieues, nos quartiers sont ils réellement mieux lotis? En est on sûr?

Pour ceux qui arpentent les rues, les espaces publics, ceux qui vont au devant des familles, sans se limiter à un critère ou un champ d’intervention limité, …le constat est grave:

Dans les zones défavorisées, et notamment dans les banlieues, comme la nôtre, les gens, les groupes font face à des RUPTURES économiques, sociales, politiques , légales , avec de moins en moins de ressources.

Où sont en effet les ressources propres de nos territoires? En matière de production, de décision, de pouvoir d’agir, de prise en considération de la réalité vécue?

Les gens ne sont ils pas chaque jour un peu plus forcés d’adapter leurs demandes et leur réalité à des exigences et des limites des dispositifs qui s’éloignent sans arrêt de leur vécu réel, soit qu’ils n’en prennent pas la mesure, soit qu’ils en ignorent les modalités?

Les Rroms constituent ainsi un peu de vérité sur ce que nous vivons tous les jours: la perte de nos assurances économiques et sociales, de nos moyens d’agir et d’influencer la politique,  et la pénalisation qui progresse à tous les étages de la société.

Comment ne pas voir dans cette similitude , cette conjonction entre ceux qui sont au bout d’un processus , et ceux qui y sont chaque jour un peu plus conduits?

Il n’est pas étonnant, à ce compte là, qu’ils fassent l’objet de tant de rejets . On refuse souvent de voir ce qui nous ressemble et rien n’est pire qu’un miroir tendu à l’impuissance.

Les expulsions subies par les familles Rroms ne sont elles pas à l’image de toutes les petites expulsions de nos vies quotidiennes? Expulsions éducatives et scolaires, perte d’emploi, perte de repères, ruptures, perte de visibilité et de représentation dans les espaces publics?

C’est parce que les Rroms sont en avance sur nous , par de nombreuses ruptures, parce que  le vécu  de ces familles et de ces enfants , en France ,nous oblige à regarder la réalité en face, qu’ils subissent tant de violence pour que nous ne les voyons plus.

A l’inverse de cette violence, il nous semble urgent que les acteurs sociaux réalisent cette similitude, qu’ils sortent des réflexes d’étrangeté et de mise à distance (« Ce n’est pas mon travail »; « Je ne peux rien faire »; « c’est un problème spécifique ») et qu’ils aperçoivent les défis pour nous tous, que constituent les problématiques des familles Rroms.

A Robinson, nous souhaitons contribuer à créer et inventer de nouvelles modalités d’intervention sociales, à la fois au quartier et dans les camps, propres à prendre la mesure de la réalité sociale.

Innover socialement aujourd’hui revient sans doute à trouver de nouvelles voies et de nouveaux outils pour:

– Favoriser l’expression des personnes et des groupes qui subissent les violences économiques , sociales et politiques

– Développer le pouvoir d’agir et de produire de ces groupes dans les domaines économiques, sociaux et culturels, revient à développer notre pouvoir de vie , à tous. C’est le rôle et la fonction d’une pédagogie sociale.

Celle ci nous amène à investir et à opérer dans les espaces publics, les friches urbaines et institutionnelles et à trouver ensemble… une alternative aux désastres en cours.

Et en voici une: Dispositif d’Accès à l’Eveil (DAEV)

Pour tous les jeunes enfants de 6 (mois) à 6 (ans), qui dans notre quartier, et dans les camps ne bénéficient pas d’accueil collectif, de crèche, ni de structures de la petite enfance (les enfants Rroms , eux, leplus souvent n’accèdent pas non plus à l’école maternelle pour de multiples raisons), l’association Intermèdes réalise  un dispositif innovant d’accès à l’éveil.

A partir d’un camion équipé en matériel et ressources (énergie, eau, petit mobilier, toiles, tapis, matériel éducatif) qui permet d’installer en tous lieux publics, des ateliers d’éveil,  notre association va aller au devant de tous les enfants qui ne bénéficient pas  des solutions éducatives collectives,  et de leurs parents.

Faisant suite à notre pratique plus ancienne, de « tapis des petits », au sein de nos ateliers , ce nouveau dispositif enrichira les capacités d’accueil et d’activité , de nos ateliers et donnera une place pleine et entière aux parents et aux jeunes enfants.

Ce camion, central (mais dédié à l’organisation matérielle) est en cours d’aménagement par Antoine, que nous remercions.

 

Samedi

Un grand atelier cet après-midi se déroule à la Villa Saint Martin. Anaïs propose un dernier atelier cuisine où sont confectionnés des sablés qui seront dégustés durant le goûter. Un atelier d’acrobaties et d’équilibre est également mis en place.

Nous disons « Au revoir à Anaïs », qui part vers de nouvelles aventures après avoir été en stage puis été permanente, au sein de notre association. On compte bien la revoir régulièrement! 

Des répétitions vont être mises en place les samedi après-midi afin de produire un petit spectacle lors de la grande soirée conviviale de décembre. Sur les tapis, les enfants ont pu alterner entre Origamis et jeux de société où l’aligali avait une place de choix. Enfin, les enfants ont fait de nombreuses propositions durant le conseil de quartier avec notamment un atelier réparation de vélo, magasin gratuit, ateliers confections de bijoux…

VENDREDI

La rocade:

Le temps n’est encore pas au beau fixe, par conséquent les mamans appellent chacune leur tour leur enfants pour rentrer.

Quelques uns poursuivent tout de même, les jeux commencé, mais les mains sont mises de plus en plus vite dans les poches, les têtes rentrent dans les écharpes ;  la pluie commence à nous refroidir. Nous prenons le goûter sous l’arbre pour s’abriter avant de repartir.

Jardin de Chilly-Mazarin

Nous arrivons sous la pluie à Chilly. Mais cela ne va pas durer, l’accalmie durera tout l’après-midi. Nous en profitons donc pour travailler sans être gêner par les averses.

 

Cela faisait 3 semaines que nous n’étions pas retournés au jardin et de nombreuses feuilles se sont dispersées dans les allées et dans les parcelles.

 

 

Nous les rassemblons en grand tas. Les travaux de taille sont toujours au programme, au fur et à mesure de ces travaux, le jardin semble plus éclairci, il y a plus d’espaces entre les arbustes même si nous gardons de grands arbres tels un cerisier et un figuier.

                

Nous prenons le temps de discuter autour d’un thé avec Alexandre dont c’est le dernier jour avec nous.

JEUDI

Wissous :

Il n’y avait pas beaucoup d’enfants ce matin mais malgré le froid, nous avons passé un atelier dans une super bonne ambiance ! Il y a eu des perles, des scoubidous, des jeux de société comme le Uno et le lynx mais aussi du frisbee  pour les sportifs et les courageux.

                    

Jardin de Saulx :

En petit groupe, sous un vent frais, nous nous rendons au terrain de l’équerre pour continuer les travaux d’automne. Ainsi, la motobineuse est de sortie cet après-midi. Nous retournons donc une nouvelle parcelle où il n’y a pas plus de légumes.

           

Nous y ajoutons au fur et à mesure du compost bien mûr, qui attendait au chaud depuis près de 3 ans. Un thé pris au goûter nous aide à nous réchauffer sous de bonnes rafales de vent.

Skatepark :

Aujourd’hui, les enfants se sont rués sur les coloriages. D’autres ont préféré faire des jeux de société : haly-gali, lapin crétin, mikado géant, tout y passe.

                            

 

Les plus petits ont feuilletés des  livres dont un très amusant, qui grâce a un système de rayure (l’ombre-cinéma), permet l’animation des images.

 

 

Nous avons tout de même décidé de prendre le gouter plus tôt, le froid commençant à se faire sentir.

Croix breton :

Dessins, dînette, puissance 4 et autres jeux attirent les enfants sur les tapis. Le froid nous rattrapant, nous jouons aux poissons et aux pêcheurs avant de boire un bon chocolat chaud.

                      

Anaïs pour son dernier jour a ramené des sucettes aux enfants.

MERCREDI

Moulin Galant :

Nous nous installons devant la caravane d’Abel et Benyamin et sommes rejoints par une quinzaine d’enfants. Les garçons font une partie endiablée de foot qui se termine par la mort inévitable du ballon en plastique.

Aline anime un atelier de français : elle dit une lettre et les enfants trouvent un mot qu’ils connaissent commençant par celle-ci. Tout l’alphabet y passe ! Nous passons a la fin de l’atelier chez Iasmina puis chez Mia ou nous partageons une crêpe avec la famille.

Ludothèque/parc nativelle :

Aujourd’hui  nous avons onze enfants pour partir à la ludothèque. Nous avons décidé de diviser le groupe en deux petits groupes. Un groupe de cinq enfants est parti à la ludothèque et l’autre groupe à fait un atelier théâtre dans le parc dans lequel il y a eu plein d’activités en référence à la tolérance comme des ateliers de mîmes d’un pays etc. …

                      

L’après-midi c’est fini sur un petit jeu tous ensemble, le « chef – d’orchestre », avant le goûter.

KRONIK DES ROBINSONS DE DIE

Aujourd’hui, j’arrive avec de la fièvre et des livres échangés à la médiathèque. Les enfants sont peu nombreux, seulement six participants à l’atelier. La cabane a été améliorée et les enfants sont fiers de me montrer leur travail. Puis nous lisons sur un banc. La prochaine fois, je prendrai plus de BD puisqu’elles ont du succès.

Je sens mon énergie décliner et j’essaie de trouver un relais auprès des squatteurs du quartier. Il y a quelques semaines, un petit groupe a ouvert plusieurs appartements dans la barre destinée à la démolition. Les appartements étaient chauffés, pourvus d’eau et d’électricité. Le bailleur »social » a réagi dans un premier temps en scellant les portes des appartements restés vides. Dans un second temps, ces mêmes appartements ont été saccagés : éviers, lavabos et wc détruits à coups de marteau, compteurs électriques retirés, chauffage collectif coupé, j’en passe et des meilleures… le tout accompagné par la force publique en uniforme. Ça s’est passé hier et je pense que le quartier est encore sous le choc. C’est probablement pour cette raison qu’il n’y a pas grand monde dehors aujourd’hui…

A part les squatteurs, qui viennent avec du pain, du chocolat et du thé pour le goûter.


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